Plusieurs pays travaillent déjà depuis longtemps avec des objectifs de santé. La ministre Maggie De Block a d’ailleurs repris cette ambition dans sa note de politique pour l’année 2018. Il s’agit d’un projet auquel les mutualités peuvent et veulent participer. Reste maintenant à définir l’approche concrète qu’adoptera la Belgique.

La "collaboration" est sans aucun doute le premier mot-clé. La répartition des compétences entre le niveau fédéral et le niveau régional entraîne une complexité considérable. Or pour développer des objectifs de santé nationaux, il est nécessaire que les autorités fédérales et les entités fédérées travaillent main dans la main. La Flandre a certes déjà parcouru plus de chemin que la Wallonie et Bruxelles en matière d'objectifs de santé, mais cette situation ne doit pas être un obstacle. Si les objectifs de santé nationaux ne sont pas le fruit d’une collaboration à tous les niveaux, la politique disparate qui en résultera ne pourra pas être bénéfique à la santé publique. La lutte contre le cancer et l’obésité, les maladies chroniques, les maladies mentales,… Toutes les entités fédérées sont confrontées aux mêmes défis importants.

Par ailleurs, le choix d’une stratégie est essentiel. Choisirons-nous de fonctionner avec une longue liste d’objectifs de santé ou opterons-nous pour une liste réduite ? Appliquerons-nous une approche de la santé dans toutes les politiques ("Health in all policies") qui impliquerait également des domaines comme l’habitat, l’enseignement et la mobilité dans la politique de santé ? Une solide collaboration entre les différentes autorités pour les objectifs de santé n’empêche pas que les entités fédérées puissent y insuffler leurs propres accents. Une enquête des Mutualités Libres révèle que l’accessibilité des soins représente un problème pour respectivement 66 et 60 % des personnes interrogées en Wallonie et à Bruxelles, alors qu’en Flandre, seuls 45 % partagent cette opinion.

Que dire enfin du citoyen ? A-t-il son mot à dire ? La question n’est pas de savoir si le citoyen doit être impliqué dans la discussion sur les objectifs de santé, mais de savoir comment lui donner la parole. D’après une étude récente de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la participation des citoyens dans la politique de santé est une top priorité pour ces prochaines années. L’enquête des Mutualités Libres montre aussi que 6 Belges sur 10 veulent être impliqués dans la formulation des réponses aux défis en matière de santé publique.

Le développement d’une politique de santé axée sur la réalisation d’objectifs de santé demandera des efforts majeurs. Non seulement de la part des décideurs politiques aux différents niveaux, mais aussi de la part des citoyens. Les Mutualités Libres sont prêtes à participer à l’élaboration d’une telle politique et à contribuer à son suivi détaillé. En espérant que notre symposium du 4 décembre verra naître des propositions inspirantes pour contribuer au débat sur ce thème.

XAVIER BRENEZ Directeur général de l'Union Nationale des Mutualités Libres