Un signal positif pour la santé des Bruxellois
Pour 2027, aucune économie majeure n’est imposée au secteur de la santé. Une norme de croissance de 1 % (soit 5 millions d’euros) est réintroduite, alors qu’elle avait disparu depuis 2024. Les Mutualités Libres y voient un signal fort, d’autant que la prévention serait, elle aussi, renforcée.
Ces moyens permettront notamment de répondre aux besoins des publics les plus fragiles, en particulier des personnes âgées :
- Renforcement des services d’aide à domicile, à hauteur de près de 3 millions d’euros, et la recherche d’une plus grande cohérence de l’offre sur le territoire bruxellois ;
- Développement d’une offre alternative d’hébergement pour les aînés ;
- Création d’unités de convalescence, qui n’existaient pas encore à Bruxelles alors qu’elles sont déjà présentes en Flandre et en Wallonie ;
- Financement de projets de santé innovants et transversaux, comme des projets-pilotes d’unités spécifiques en maisons de repos pour des personnes en situation de handicap ou souffrant de troubles de santé mentale.
Les Mutualités Libres saluent le maintien du dispositif des zones de basses émissions, assorti d’aménagements sociaux. Elles soulignent également le maintien des droits aux allocations familiales, sans saut d’index.
Des points d’attention : vision, concertation et gouvernance
Le Gouvernement vise un retour à l’équilibre d’ici 2029, avec un déficit ramené à 957 millions d’euros en 2027 à 719 millions, puis 416 millions en 2028. Or, les économies à réaliser les années suivantes ne sont pas encore connues. Sans vision pluriannuelle, les Mutualités Libres craignent un retour de bâton pour la santé des Bruxellois.
Nous saluons le retour d’une norme de croissance et le renforcement de la prévention, qui montrent que la santé reste une priorité à Bruxelles malgré l’effort d’assainissement. Mais préserver la santé en 2027 ne suffit pas : sans trajectoire pluriannuelle claire, construite avec les acteurs de terrain dans le respect de la gestion paritaire, nous risquons un retour de bâton les années suivantes.
Amandine Prade, experte matières bruxelloises aux Mutualités Libres.
Huit mois après la formation du Gouvernement, la vision en matière de santé à l’horizon 2030 reste floue. La prévention serait certes renforcée, notamment pour le dépistage des cancers et la vaccination, mais sans ambition chiffrée ni moyens clairement identifiés. Il manque pour cela des objectifs de santé propres à Bruxelles.
Les demandes des Mutualités Libres
Les Mutualités Libres demandent au Gouvernement bruxellois de :
- Présenter un cadre budgétaire et une trajectoire pluriannuelle jusqu'en 2029, afin de permettre l'implication des instances paritaires d'Iriscare dans leur élaboration, conformément aux dispositions de l'Ordonnance.
- Fixer des objectifs de santé bruxellois chiffrés et assortis de moyens, en commençant par le dépistage des cancers et la vaccination.
- Associer les acteurs de terrain, via les lieux de concertation prévus, à la mise en place des projets d’innovation qui seront impulsés comme la réforme de l’aide à domicile, le développement d’hébergements alternatifs pour aînés et des unités de convalescence.
- Définir un cadre d’accès clair aux services d’aide à domicile, avec des critères de priorité clairs et connus de tous. Ces critères doivent notamment donner un accès prioritaire aux publics plus fragiles comme les personnes âgées en perte d’autonomie et les aidants proches, etc.
- Regrouper de manière ciblée les compétences santé au sein d’une seule administration, afin de gagner en cohérence et de réaliser des économies d’échelle à terme.