Une offre qui doit évoluer avec les besoins
L'accompagnement des aînés à Bruxelles reste aujourd'hui organisé autour de deux pôles : le maintien à domicile et l'entrée en maison de repos. Entre les deux, l'offre peine à suivre l'évolution des besoins de la personne, alors que la majorité des aînés souhaitent rester à domicile le plus longtemps possible et que les solutions de maintien à domicile restent insuffisantes.
Des solutions alternatives pourraient être davantage développées comme les logements groupés ou intergénérationnels, ou encore des lieux de vie transitoires ou de convalescence, qui permettraient un passage plus flexible entre l'hôpital, le domicile et, si besoin, la maison de repos. Certaines de ces alternatives existent déjà, mais reposent sur des subsides facultatifs, donc non structurels.
Soutenir davantage la santé mentale en maison de repos
Plusieurs réformes ont tenté, depuis la crise sanitaire, de faire évoluer la maison de repos vers un lieu de vie plus ouvert et davantage centré sur l'autonomie des résidents. Mais l'accompagnement psychologique structurel reste insuffisant, non par manque de volonté du personnel, mais faute de moyens et dans un contexte de pénurie de personnel.
Il existe certaines solutions de soutien, comme des équipes mobiles psychosociales qui se déplacent en maisons de repos, mais elles restent des initiatives isolées, méconnues et parfois sans cadre pérenne. L'enjeu est désormais de mieux les faire connaitre, les coordonner et les soutenir davantage, pour étendre leurs actions à l'ensemble des maisons de repos. Le besoin de mieux prendre en charge la santé mentale en maison de repos est aussi pointé par le Conseil supérieur de la santé. Ce renforcement pourrait notamment contribuer à limiter le recours aux antidépresseurs, particulièrement élevé à Bruxelles.
À domicile, les réseaux d'entraide locaux jouent un rôle essentiel contre l'isolement social, mais restent eux aussi fragilisés par l'absence de cadre réglementaire structurel.
Recommandations des Mutualités Libres
Pour faire évoluer cette offre, les Mutualités Libres formulent quatre recommandations :
- Réformer les interventions des services d'aide à domicile pour des interventions plus homogènes sur un même territoire (plus d'infos), et donner la priorité aux publics en perte d’autonomie ;
- Développer des solutions flexibles de transition entre domicile et maison de repos, adaptées à l'évolution de l'autonomie de la personne dans un cadre légal clair et gage de qualité ;
- Généraliser et pérenniser les interventions psychosociales en maison de repos, en s’appuyant sur les collaborations existantes (psychologues de première ligne, équipes mobiles de santé mentale) ;
- Cadrer légalement les activités des réseaux d'entraide locaux, aujourd'hui soumis au régime des subsides facultatifs, pour garantir leur viabilité et leur offrir un cadre de qualité stable de leurs interventions.