Cette étape marque une avancée importante dans la simplification administrative du secteur de la santé et confirme le calendrier désormais applicable à l'ensemble de la profession.
Une transition déjà amorcée, mais encore incomplète
Trois ans après le lancement du projet, environ 27 % des kinésithérapeutes utilisent déjà eAttest, selon les chiffres des Mutualités Libres. Ce taux a triplé depuis la fin de l'année dernière, signe d'une dynamique positive.
Cependant, le chemin à parcourir reste important. Sur les quelque 23.000 kinésithérapeutes actifs en Belgique, près de 5.000 utilisent aujourd'hui l'attestation électronique. Cela signifie qu'environ 18.000 professionnels devront encore adapter leurs pratiques et leurs logiciels afin d'être en conformité avec la future obligation légale.
Si l'adoption progresse, celle-ci devra s'accélérer au cours des prochains mois pour permettre au secteur d'être prêt à l'échéance du 1er janvier 2027.
Une échéance désormais confirmée
L'obligation de transmission électronique avait initialement été envisagée pour le 1er juillet 2026 avant d'être reportée. La publication de la loi-cadre apporte désormais la clarification attendue : le passage au numérique sera obligatoire pour tous les kinésithérapeutes à partir du 1er janvier 2027.
Le cadre légal étant désormais fixé, l'année 2026 constituera une période déterminante pour accompagner la transition et accélérer l'adoption des outils numériques au sein de la profession.
Des professions de santé à des stades différents de digitalisation
La digitalisation des attestations de soins progresse à des rythmes variables selon les professions de santé. Aujourd'hui :
- 94 % des médecins généralistes utilisent le système
- 80 % des médecins spécialistes
- 93 % des dentistes.
Les kinésithérapeutes disposent désormais d'une trajectoire claire. L'enjeu sera d'intensifier progressivement la dynamique au cours des prochains mois afin d'atteindre les objectifs fixés.
Tous prestataires confondus, le taux global est passé de 47 % au premier trimestre 2024 à 72 % aujourd'hui pour eAttest. Après une forte croissance sur un an, on observe cependant un certain plafonnement en ce début d'année. L'enjeu pour 2026 sera de relancer la dynamique.
Giuseppe Di Leto, Directeur opérationnel aux Mutualités Libres
Il souligne également l'importance de l'anticipation :
Au plus l'anticipation sera importante, au plus la transition sera fluide pour les prestataires.
Un défi organisationnel et technique
La simplification administrative constitue aujourd'hui l'un des chantiers prioritaires du secteur des soins de santé.
Pour les kinésithérapeutes, la généralisation des attestations électroniques s'inscrit pleinement dans cette volonté de modernisation. Elle vise à réduire les démarches administratives, sécuriser les échanges et alléger la charge administrative quotidienne.
Cette transition implique toutefois une adaptation des logiciels et des processus internes. Les fournisseurs de logiciels ont un rôle essentiel à jouer afin de finaliser les développements nécessaires et de proposer des solutions intégrées, simples et fiables.
À terme, la digitalisation permettra :
- de réduire les démarches administratives pour les prestataires de soins et les mutualités
- de diminuer les risques d'erreurs liés aux documents papier
- d'améliorer la traçabilité des échanges
- de renforcer la cohérence entre les différentes professions de santé.
Des avantages concrets pour les patients
La généralisation de eAttest transformera également le parcours administratif des patients.
Avec le système papier, le patient reçoit l'attestation, doit la transmettre à sa mutualité, tandis que les organismes assureurs doivent ensuite procéder à la collecte, au scanning et au traitement des documents. Des attestations incomplètes, peu lisibles ou égarées peuvent entraîner des délais de remboursement dépassant parfois deux semaines.
Avec l'attestation électronique, les données sont transmises de manière numérique, sécurisée et traçable. Les contrôles restent indispensables, mais les informations sont immédiatement disponibles, permettant un traitement plus rapide des dossiers et une réduction des délais de remboursement.
Pour les patients qui avancent l'intégralité des frais de consultation, cette évolution représente un bénéfice concret : moins d'attente, moins de pression financière et une meilleure visibilité sur leurs dépenses de santé.
Se préparer dès aujourd'hui
Les Mutualités Libres accompagnent les kinésithérapeutes depuis le lancement du projet et encouragent l'ensemble du secteur à anticiper les adaptations nécessaires.
À moins de deux ans de l'échéance, l'objectif est désormais de permettre à tous les acteurs concernés d'aborder sereinement l'entrée en vigueur de l'obligation au 1er janvier 2027 et de poursuivre la modernisation du secteur au bénéfice des patients comme des professionnels.