Les conclusions relayées dans l’article ne reflètent plus la réalité actuelle. Non, il n’y a pas 59 % des malades de longue durée qui ne sont en réalité pas en incapacité de travail. Les données les plus récentes, datant de 2024, montrent que les médecins-inspecteurs de l’l'INAMI rendent aujourd’hui un avis différent de celui des médecins-conseils des mutualités dans seulement 0 à 5,5 % des cas, une différence considérée comme normale dans l’interprétation médicale. Une partie des coûts administratifs des mutualités est par ailleurs désormais variable et conditionnée notamment à cette concordance entre évaluations médicales.
“Ces chiffres récents montrent clairement que les pratiques actuelles n’ont rien de comparable avec la situation observée en 2019” souligne le Collège intermutualiste national.
Le CIN rappelle également que de sérieuses réserves méthodologiques existaient dès 2020 concernant le rapport évoqué, raison pour laquelle il n’avait pas été publié à l’époque. Le Collège pointe notamment les délais très longs, parfois compris entre six et dix mois, entre l’examen initial par le médecin-conseil de la mutualité et le contrôle ultérieur par l’Inami. Sur une telle période, l’état de santé d’une personne peut évoluer considérablement, ce qui limite fortement la pertinence des conclusions tirées.
Le rapport reposait en outre sur un échantillon spécifique et non représentatif, excluant certaines pathologies lourdes comme le cancer et comprenant de nombreux patients pour lesquels un contrôle de suivi était déjà programmé. De plus, plusieurs évaluations concernaient des troubles mentaux ou des pathologies musculo-squelettiques, dont l’appréciation est plus complexe. L’absence de médication a par ailleurs été utilisée de manière erronée comme critère d’évaluation de la maladie, alors que ce paramètre n’est pas pertinent pour de nombreux troubles psychiques.
Enfin, le Collège intermutualiste national rappelle que la gestion de l’incapacité de travail de longue durée a profondément évolué depuis 2022, avec l’introduction du programme Retour au travail, une évaluation plus précoce de la capacité résiduelle de travail et une coordination renforcée entre médecins grâce à la plateforme TRIO.
“Il est dès lors impossible de comparer la situation d’il y a sept ans avec les pratiques en vigueur aujourd’hui” conclut le CIN.