En Belgique, la pollution de l’air reste un risque majeur pour la santé publique. Parmi les 2,3 millions de membres des Mutualités Libres, seuls 1,5 % vivent dans un environnement où la concentration de particules fines (PM2.5) respecte les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé. Autrement dit, pour l’immense majorité de la population, respirer un air sain n’est pas une évidence.
L’exposition chronique à la pollution atmosphérique — particules fines, dioxyde d’azote et ozone — est associée à de nombreuses pathologies. Elle concerne notamment les maladies respiratoires et cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux, certains cancers, le diabète et des troubles neurologiques. Une réalité que les professionnels de santé constatent chaque jour sur le terrain.
La recherche scientifique confirme l’impact positif des LEZ
Les Mutualités Libres ont mené, avec la KU Leuven, le VITO et l’Université de Hasselt, une vaste étude sur l’impact des zones de basses émissions à Bruxelles et à Anvers. L’évolution de la qualité de l’air y a été comparée à celle de 17 villes belges ne disposant pas de LEZ.
Les résultats sont clairs dans les villes qui appliquent depuis plus longtemps une zone de basses émissions :
- À Bruxelles, la concentration annuelle moyenne de NO₂ a diminué de 37 % entre 2017 et 2022.
- À Anvers, cette baisse atteint 30 % entre 2016 et 2022.
- L’amélioration ne se limite pas aux centres-villes : un effet positif a également été mesuré jusqu’à cinq kilomètres autour des LEZ.
Ces données montrent que la LEZ peut constituer un outil efficace pour améliorer structurellement la qualité de l’air.
Réduire les inégalités sociales
Un autre résultat important de l’étude met en évidence que les plus grands bénéfices pour la santé sont observés dans les quartiers socialement plus vulnérables. À Bruxelles, les zones initialement les plus exposées à la pollution ont progressé plus rapidement que les quartiers plus favorisés. Les zones de basses émissions peuvent donc aussi contribuer à réduire les inégalités sociales en matière de santé.
Dans les villes disposant d’une LEZ, on observe par ailleurs, sur une période de quatre à cinq ans, une diminution de l’utilisation de médicaments contre le diabète. Un indicateur qui suggère que l’amélioration de la qualité de l’air peut se traduire par des bénéfices de santé mesurables.
Un enjeu reconnu juridiquement et internationalement
L’importance d’un environnement sain est soulignée non seulement par la science, mais aussi par le droit. Tant la Cour constitutionnelle que le Conseil d’État ont explicitement fait référence, dans leurs arrêts et avis relatifs aux zones de basses émissions, au droit à la santé et à un environnement sain. Les autorités publiques ne peuvent ignorer ces principes.
La reconnaissance progresse également à l’échelle internationale. Fin 2025, les Nations Unies ont adopté une déclaration politique sur les maladies chroniques dans laquelle la pollution de l’air est citée comme l’un des cinq principaux facteurs de risque, avec le tabac, l’alcool, une alimentation déséquilibrée et un manque d’activité physique.
Investir dans la qualité de l’air pour des villes plus vivables
La LEZ n’est pas une mesure “contre” les citoyens, mais un outil pour la santé. Elle offre aux villes l’opportunité d’améliorer la qualité de l’air, de mieux protéger les groupes vulnérables et, en parallèle, d’atteindre les normes européennes de qualité de l’air d’ici 2030.
Pour connaître la situation de la qualité de l’air dans votre commune, vous pouvez consulter le tableau de bord interactif des Mutualités Libres.
Ces données transparentes permettent d’alimenter le débat sur la base de faits, avec un objectif commun : des villes saines pour une population en meilleure santé.