Selon la dernière enquête de Sciensano (2023-2024), 17,6 % des Belges de plus de 15 ans fument encore, dont 12,8 % quotidiennement. Depuis 2006, la consommation quotidienne de tabac a fortement diminué dans toutes les régions du pays grâce aux politiques de prévention et de lutte contre le tabac.
Mais cette évolution positive cache plusieurs réalités préoccupantes. Le tabagisme reste beaucoup plus fréquent parmi les personnes les plus précarisées ou ayant un faible niveau d’éducation. Et surtout, la majorité des tentatives d’arrêt se font encore sans accompagnement.
Près de 6 tentatives d’arrêt sur 10 se font sans accompagnement
Aujourd’hui, 58,8 % des tentatives d’arrêt du tabac se font sans soutien spécifique. Pourtant, selon l’OMS, seules environ 4 % des personnes parviennent à arrêter durablement sans accompagnement. Les chances de réussite augmentent fortement lorsqu’un suivi professionnel est combiné à des substituts nicotiniques.
Or, la Belgique dispose déjà de nombreux dispositifs d’aide : tabacologues agréés et consultations partiellement remboursées, accompagnements individuels ou collectifs, ligne Tabacstop, interventions financières dans certains médicaments… Mais ces aides restent encore insuffisamment connues et utilisées, en particulier par les jeunes et les publics vulnérables.
Pour les Mutualités Libres, le principal enjeu aujourd’hui n’est donc plus uniquement de sensibiliser aux dangers du tabac, mais aussi de mieux accompagner concrètement les personnes qui souhaitent arrêter.
Nous devons rendre le sevrage tabagique plus simple, plus visible et plus accessible, avec une approche particulière vers les personnes vulnérables
Emilie Vanderstichelen, experte prévention aux Mutualités Libres
Mieux intégrer le sevrage dans les soins de proximité
Les Mutualités Libres plaident pour une approche plus proactive et mieux intégrée dans les soins de première ligne. Cela passe notamment par :
- une meilleure orientation des patients vers les aides existantes
- une coordination renforcée entre médecins, psychologues, pharmaciens et acteurs sociaux
- des accompagnements adaptés aux réalités des différents publics
- une intégration du sevrage dans les parcours liés à la santé mentale, aux maladies chroniques ou à la précarité.
Les Mutualités Libres attirent aussi l’attention sur l’augmentation de l’usage des cigarettes électroniques et autres produits nicotiniques chez les jeunes. Elles appellent à poursuivre les efforts de prévention et de sensibilisation afin d’éviter une renormalisation du tabac et de la nicotine.
Alors que la Belgique s’est fixé l’objectif d’une “génération sans tabac” à l’horizon 2040, les Mutualités Libres estiment qu’une politique ambitieuse ne pourra porter ses fruits que si les aides à l’arrêt deviennent réellement accessibles à tous.