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CHW et Conseillers en Santé : deux dispositifs essentiels pour améliorer l’accès aux soins à Bruxelles

À Bruxelles, l’accès aux soins reste marqué par des inégalités importantes. Trop de personnes demeurent éloignées des services de première ligne, par manque d’information, en raison de barrières linguistiques ou sociales, ou parce qu’elles peinent à s’orienter dans un système complexe. Via sa revue Panorama, l’Observatoire de la Santé et du Social met en lumière deux dispositifs qui jouent aujourd’hui un rôle essentiel pour soutenir ces publics : les Community Health Workers (CHW) et les Conseillers en Santé (CeS). Leur mission : faciliter l’accès aux soins, renforcer l’accompagnement et lever les obstacles qui freinent la prévention et le recours aux services de soins.

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Community Health Workers : un relais de proximité dans les quartiers

Les CHW sont des facilitateurs en santé dont la mission est d’améliorer l’accès aux soins pour les personnes vivant dans des conditions sociales vulnérables. Ils ont été déployés en réponse aux inégalités d’accès aux services de soins, mises en lumière notamment pendant la crise du Covid-19, afin d’aller directement vers les personnes qui, souvent, ne parviennent pas à se connecter au système de soins classique ou à en franchir les barrières. 

Concrètement, les CHW interviennent dans les quartiers concernés, hors des structures de santé traditionnelles, pour rencontrer les habitants dans leur environnement : dans la rue, sur les places publiques, à leur domicile ou au sein d’organisations locales. Cette présence de proximité permet de créer un lien de confiance, d’identifier les obstacles à l’accès aux soins et d’orienter de manière personnalisée vers les prestataires appropriés, qu’il s’agisse d’un médecin généraliste, d’un dentiste, d’une maison médicale ou d’une mutualité.

Leur travail repose sur une combinaison de rôles complémentaires : 

  • créer des liens avec les individus, les communautés et les professionnels de la santé
  • fournir une information adaptée culturellement
  • aider les personnes à naviguer dans le système de soins souvent complexe
  • offrir un soutien social
  • renforcer la littératie en santé
  • identifier les obstacles structurels qui freinent l’accès aux soins  

À cela s’ajoutent des activités collectives d’autonomisation, telles que des ateliers nutritionnels, des séances de prévention, des formations aux outils numériques pour réduire la fracture digitale ou encore des sessions d’information sur les droits sociaux et le fonctionnement du système de soins.

Le programme, financé par l’INAMI, vient d’être reconduit pour un an (jusque fin 2026). Il s’appuie sur une dynamique intermutualiste.

Conseillers en Santé (CeS) : une info proactive et une prévention ciblée

Les CeS sont des acteurs du système de santé dont la mission est d’améliorer l’accès aux soins et la prévention auprès de publics souvent peu atteints par les canaux classiques d’information et de sensibilisation. À Bruxelles, ce dispositif intermutualiste, financé par Vivalis, vise notamment à : 

  • renforcer les connaissances en santé afin de permettre aux personnes de prendre des décisions éclairées pour leur propre santé, celle de leur famille ou de leurs proches. Une attention particulière est portée sur la prévention, notamment en matière de dépistages des cancers, de vaccination et de prévention du diabète
  • identifier les besoins sociaux et de santé des publics cibles et orienter ces derniers vers les services et organisations les plus adaptés
  • favoriser une meilleure compréhension des droits sociaux et des services de santé et d’aide disponibles
  • identifier les obstacles structurels à l’accès aux soins, formuler des recommandations à destination des parties prenantes régionales et des acteurs clés du secteur de la santé et du social et développer des réponses coordonnées avec les acteurs de terrain bruxellois 

Concrètement, les CeS contactent de manière proactive des personnes ciblées, notamment par téléphone, et organisent des ateliers santé. Ces actions visent à engager le dialogue, écouter, répondre aux questions et lever les freins à l’accès aux soins et à la prévention. 

Le projet mobilise des professionnels formés à la fois aux spécificités techniques du système de sécurité sociale belge, aux thématiques de prévention et à des compétences relationnelles essentielles comme l’écoute active et l’empathie. Cette approche est un levier pour réduire les inégalités en santé.

Au-delà de la sensibilisation aux thématiques de prévention, les CeS mènent des actions ciblées visant à améliorer l’accès à l’information, aux soins et aux droits. Ils accompagnent notamment des seniors isolés, sensibilisent des familles monoparentales aux dispositifs de prévention, de santé et aux droits sociaux auxquels elles peuvent prétendre. Ils orientent également les personnes de manière personnalisée vers les services et structures les plus appropriés. 

Sur le plan institutionnel, le projet des Conseillers en Santé est un dispositif intermutualiste mis en œuvre par le biais d’une collaboration entre les Mutualités Socialistes, Chrétiennes, Libérales, Neutres et Libres. À Bruxelles, ce sont les Mutualités Libres (Partenamut) qui assurent la coordination de l’action dans le cadre de partenariats avec des acteurs publics comme Vivalis et l’administration bruxelloise de la santé. 

Le financement de ce dispositif repose sur des subventions, notamment via la Commission communautaire commune (Vivalis). Celles-ci étant facultatives et dépendantes de décisions politiques régionales, le cadre budgétaire reste aujourd’hui incertain, tant qu’un gouvernement bruxellois n’est pas formé. 

A Bruxelles, le dispositif compte 12 Conseillers en Santé, engagés au quotidien dans des contacts directs avec des groupes cibles. Cette approche proactive permet de dépasser les stratégies classiques de sensibilisation et de toucher les personnes que les campagnes traditionnelles atteignent difficilement. 

Elle offre aussi la possibilité de cibler certains publics, sur la base de critères sociaux, socio-économiques, sanitaires ou territoriaux, identifiés comme étant plus éloignés du système de santé ou présentant un risque accru. 

Deux dispositifs complémentaires au service des prestataires de soins

CHW et CeS agissent différemment, mais avec une même ambition : réduire les obstacles à l’accès aux soins. Leur présence sur le terrain permet :

  • une meilleure orientation ;
  • une prévention plus inclusive ;
  • une détection plus fine des besoins ;
  • un lien renforcé entre habitants, services sociaux et prestataires de soins.

Pour les prestataires de soins, ces dispositifs constituent un maillon stratégique du parcours patient, en particulier pour les publics fragiles, en améliorant l’accès, la continuité et la coordination des soins. 

Plus d’infos 

Brochure Panorama