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1 bébé sur 13 reçoit un traitement contre le reflux au cours de sa première année

Le reflux est fréquent chez les nourrissons et disparaît généralement spontanément. Pourtant, une étude des Mutualités Libres montre qu'environ un bébé sur 13 reçoit un traitement médicamenteux contre le reflux au cours de sa première année de vie. Elle met également en évidence d'importantes disparités dans les pratiques de prescription.

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Un nourrisson allongé dans les bras d'un parent. Cette image illustre une étude sur l'utilisation des inhibiteurs de la pompe à protons chez les bébés souffrant de reflux gastro-œsophagien
Reflux chez les bébés & médicaments | Reflux bij baby's & medicatie

 

Le reflux chez le bébé : un phénomène fréquent

Le reflux gastro-œsophagien correspond à la remontée de lait ou de contenu gastrique vers l'œsophage. Il touche environ un bébé sur deux au cours des trois premiers mois de vie et disparaît, dans la majorité des cas, avant l'âge d'un an.

Lorsque les symptômes sont sévères ou persistent, une évaluation médicale peut être nécessaire. Un traitement médicamenteux, notamment par inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), peut alors être envisagé.

Environ un bébé sur 13 reçoit un traitement contre le reflux

L'étude des Mutualités Libres révèle qu'environ 7,1 % des nourrissons, soit près d'un bébé sur 13, reçoivent au moins une prescription de médicament contre le reflux au cours de leur première année de vie.

Si cette proportion est en légère diminution par rapport à 2016 (7,6 %), le recours à ces traitements reste important, avec 178 prescriptions pour 1.000 nouveau-nés de moins d'un an.

Une utilisation plus élevée que dans plusieurs pays européens

La Belgique affiche un recours aux médicaments contre le reflux supérieur à celui observé dans plusieurs pays européens.

À titre de comparaison :

  • en Norvège, 1,1 % des nouveau-nés reçoivent un traitement contre le reflux au cours de leurs 11 premiers mois de vie.
  • le nombre de prescriptions est également inférieur au Danemark (46,6 prescriptions pour 1.000 nouveau-nés) et en Suède (18,9 pour 1.000).
  • il est en revanche proche des chiffres observés en France (162 prescriptions pour 1.000 enfants de moins de deux ans).

Des traitements souvent prescrits pendant plusieurs mois

L'étude montre également que ces médicaments ne sont pas uniquement utilisés pour des traitements de courte durée.

En moyenne, les nourrissons traités reçoivent un traitement pendant plus de deux mois au cours de leur première année de vie :

  • 4 enfants sur 10 sont traités pendant au moins deux mois 
  • près d'un enfant sur 5 reçoit un traitement pendant au moins quatre mois.

Ces estimations sont basées sur une posologie adulte standard. Les jeunes enfants recevant généralement des doses plus faibles, la durée réelle du traitement est probablement plus longue.

Les IPP sont des médicaments globalement sûrs. Toutefois, leur utilisation prolongée peut augmenter le risque d'infections digestives, de réactions allergiques ou d'asthme, et perturber l'équilibre de la flore intestinale.

D'importantes différences selon les régions et les prescripteurs

L'étude met en évidence de fortes disparités dans l'utilisation de ces traitements.

Des différences régionales

En Wallonie, 13 % des bébés reçoivent au moins une prescription contre le reflux au cours de leur première année, contre environ 4 % en Flandre et à Bruxelles.

Des différences apparaissent également selon le profil des enfants :

  • les garçons reçoivent plus souvent un traitement que les filles (8 % contre 6,2 %) 
  • les bébés issus de familles sans intervention majorée sont davantage concernés (7,3 % contre 5,3 %).

Des pratiques de prescription variables

Près de trois quarts des premières prescriptions sont réalisées par des pédiatres.

L'étude montre cependant des écarts importants entre prescripteurs. La moitié des pédiatres prescrivent ces médicaments à au maximum 1,5 % des enfants de moins d'un an qu'ils ont vus en consultation, tandis qu'un quart en prescrivent à plus de 3,2 %.

Ces différences doivent toutefois être interprétées avec prudence. Elles peuvent notamment s'expliquer par des profils de patients différents, la gravité des symptômes, les pratiques d'orientation entre prestataires de soins ou encore le fait que l'analyse repose uniquement sur les données des Mutualités Libres.

Mieux informer les parents et réévaluer les traitements

Pour les Mutualités Libres, ces résultats soulignent l'importance d'une information claire à destination des parents et des professionnels de santé.

Dans de nombreux cas, le reflux est bénin et disparaît spontanément. Rassurer les parents, suivre la croissance de l'enfant et proposer des conseils pratiques constituent souvent les premières mesures à privilégier. Lorsqu'un traitement médicamenteux est instauré, une réévaluation régulière est recommandée afin de vérifier qu'il reste nécessaire.