En tant que maladie infectieuse, le Covid-19 a eu un impact lourd sur la société, et plus particulièrement sur notre système de soins de santé. Cette pandémie a aussi mis en évidence l'importance de renforcer les actions de prévention contre les maladies infectieuses. Elle a aussi montré la nécessité de pouvoir déployer rapidement les stratégies, les outils d’information et d’accompagnement adéquats. La situation liée au Covid-19 a aussi montré que tant la continuité des  soins que la prévention (vaccination, dépistage du cancer, etc.) étaient des priorités aussi en période de crise sanitaire.  

Voilà les domaines de prévention auxquels les Mutualités Libres estiment qu'il faudra être attentifs.

Développer des campagnes de sensibilisation et d'information

Sensibilisation à l'hygiène et aux gestes barrière

Il faut renforcer les campagnes de sensibilisation générales visant à expliquer les mesures d'hygiène et de prévention simples et accessibles.

A cette fin, une stratégie cohérente et systématique peut être menée dans les écoles, les entreprises, les commerces, les bâtiments publics, les clubs sportifs,... Certains outils développés pendant la crise sanitaire pourraient être utilisés de manière durable. Il est également important d'inclure ici les stratégies des sciences du comportement. Enfin, il faut adapter les messages et actions de prévention compréhensibles et accessibles à toutes les couches de la population.  

Sensibilisation aux styles de vie sains

Pendant la crise du Covid-19, il est devenu clair que le virus frappait plus durement les personnes obèses, celles-ci présentant davantage de risque de développer des formes graves de la maladie. Il est déjà connu depuis longtemps que l’obésité peut engendrer aussi d’autres problèmes de santé tels que le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, certains cancers, ...

Le contexte a montré à nouveau que la lutte contre l’obésité et la sédentarité sont une priorité en matière de prévention et qu’il est important d’investir dans ce domaine, en mettant en place un plan d’actions comprenant des approches multidimensionnelles. La prévention du surpoids fait partie d'une approche plus globale. Plus que jamais, des efforts supplémentaires doivent être faits pour promouvoir un mode de vie sain qui, en plus de la lutte contre l'alcool et le tabagisme, encourage également les gens à adopter des habitudes alimentaires plus saines et à faire plus d'exercice. Il faut aussi investir dans des espaces verts accessibles dans les zones urbanisées. Cela invite les habitants à faire de l'exercice à l'extérieur de manière sûre (pendant les crises de santé) et sainement, améliorant ainsi la santé physique et mentale et le bien-être.

Cette sensibilisation à un mode de vie sain doit être amenée très tôt dans l'éducation des enfants, tant dans les milieux scolaires que récréatifs.

 

Accompagner le personnel soignant

Il faudrait renforcer encore les formations et la sensibilisation du  personnel de santé, principalement dans les soins de santé primaires et les établissements de santé centrées sur l'hygiène, la désinfection et les systèmes généraux de prévention et de contrôle des infections.

Evidemment, à l'avenir, il est crucial de fournir une capacité de test et de détection et un équipement de protection suffisants au personnel de la santé.

Promouvoir la vaccination

Dans le contexte du Covid-19, il est particulièrement important d’être attentif au suivi des vaccinations prévues aux différents moments de la vie, notamment  via les consultations de Kind & Gezin et de l’ONE. Il est important d’éviter que le contexte sanitaire ne provoque des reports ou un non suivi du schéma vaccinal, avec le risque d’apparition de foyers de maladies pourtant évitables grâce aux vaccins.

Il faut aussi continuer à sensibiliser le public à propos de la vaccination en général en fournissant une information compréhensible et sur mesure. L'objectif étant d’améliorer les taux de vaccination et de répondre clairement aux informations inexactes et à la désinformation du lobby anti-vaccination.

A propos de la vaccination contre la grippe saisonnière 2020-2021, les nouvelles recommandations du Conseil Supérieur de la Santé dans le contexte du Covid-19 sont incontournables. Il faudra communiquer de façon adéquate sur les groupes prioritaires et sur le bénéfice de la vaccination, pour éviter la surcharge du système de santé. Une priorité est d'ailleurs de renforcer la vaccination du personnel de santé contre la grippe.

En ce qui concerne le Covid-19, la recherche d’un vaccin est en cours. Il sera encore plus important d’informer et de sensibiliser le public sur l’utilité, l’efficacité et les effets indésirables potentiels. En proposant toujours des sources d'informations fiables et à jour.

Différentes enquêtes sondent l’attitude des citoyens  par rapport à la vaccination, dans l’optique du développement futur d’un vaccin contre le Covid-19. Il faut continuer à mesurer la perception du grand public vis-à-vis de la vaccination et initier des actions de sensibilisation complémentaires et adaptées si nécessaire.

Maintenir les programmes de dépistages

Suite aux directives gouvernementales dans le cadre de lutte contre la pandémie de Covid-19, les programmes de dépistage du cancer ont temporairement été suspendus. Le Registre du cancer a observé une diminution importante des diagnostics de cancer au mois de mars et avril (jusqu'à 44% par rapport à avril 2019). En plus du dépistage, on a aussi constaté de nombreux reports des soins et des examens médicaux pendant la crise Covid-19.

Pour le cancer colorectal, les diagnostics ont diminué de 48% chez les hommes et de 55% chez les femmes. Le diagnostic de cancer du sein montre une diminution de 48% pour tous les âges. Pour le cancer du col de l'utérus, la diminution est la plus faible, elle s'élève à 20% pour tous les groupes d'âge. Une re-augmentation des diagnostics a déjà été observée à partir de la mi-avril.

On peut donc s'attendre à ce que cette suspension des dépistages ait un impact négatif sur les différentes statistiques du cancer (par exemple la morbidité) en Belgique, bien que l'impact sur la santé publique ne puisse être étudié qu'à plus long terme. Lors d'une prochaine situation sanitaire critique, il est donc conseillé de ne pas interrompre les programmes de dépistage.

Garantir l'accès à l'aide psychologique

Télé-Accueil a signalé un doublement des appels concernant la solitude, ce qui reflète des situations  d'épuisement mental et physique. Il est en effet clair que la solitude à long terme ou chronique peut provoquer des plaintes physiques et psychiques.  .

La détection précoce des problèmes mentaux est donc cruciale. Il faut donc prévoir un renforcement et un meilleur accès aux solutions de soutien psychosocial. Dans le courant de la crise, deux mesures ont permis d'améliorer l'accessibilité. Le remboursement des consultations à distance a été mis en place (soins psychologiques de 1ère ligne, suivi psychiatrique ou psychothérapeutique). Peu après, le remboursement a été élargi aux moins de 18 ans et aux plus de 65 ans pour les soins psychologiques de 1ère ligne (psychologue ou orthopédagogue clinicien). En septembre, une concertation avec le secteur a démarré pour définir comment utiliser les 200 millions supplémentaires accordés par le Parlement pour les soins de santé mentale.

Dans les soins à domicile, les centres de soins résidentiels, les établissements pour personnes handicapées et les hôpitaux, il faut renforcer le soutien et la formation du personnel soignant et des aidants informels en matière de problèmes de santé mentale.