08/10/2021

Pendant la pandémie, nos soins de santé, et en particulier les soins de santé mentale, étaient limités, ce qui a conduit les gens à reporter leurs traitements, avec des effets non négligeables. L'urgence sanitaire provoquée par la pandémie a révélé à quel point il est difficile de fournir des soins de santé mentale.

Cette analyse des Mutualités Libres évalue l’impact de Covid-19 sur les prestations de soins de santé et l’utilisation d’antidépresseurs et d’antipsychotiques des personnes atteintes de troubles psychiques. Toutes les données utilisées sont basées sur les remboursements de l’assurance maladie. Les prestations non remboursées ne sont donc pas prises en considération.

Consultation en psychologie et psychiatrie

La contribution des téléconsultations dans la prise en charge des patients ayant des problèmes de santé mentale est bien visible. Les soins à distance par téléphone ou vidéo avec un psychiatre ou un psychologue ont permis d’assurer une bonne continuité de soins en santé mentale.

  • 61,7% des personnes avec un trouble psychique ont eu recours à au moins un soin à distance, alors que ce taux est de 37,1% pour le reste de la population. Les téléconsultations ont permis de retrouver pratiquement la même proportion de personnes ayant été en contact avec un médecin entre 2019 et 2020.
  • 2/3 des contacts physiques reportés ou annulés pendant la première vague (entre mars et mai 2020) a été résorbée par les contacts à distance.
  • La diminution des contacts avec un psychologue ou un psychiatre entre 2019 et 2020 est passée de 36% à 25% en mars, de 73% à 19% en avril et de 54% à 17% en mai grâce aux téléconsultations.

Contacts physiques et à distance avec un psychiatre ou un psychologue en 2019 et 2020

Délivrance de médicaments en officine publique

Nos données montrent une délivrance d’antidépresseurs et d’antipsychotiques élevée au mois de mars 2020. Elles semblent révéler un important approvisionnement ou stockage de ces médicaments essentiels aux personnes atteintes de troubles psychiques au début de la crise sanitaire. Les mois d’avril et mai 2020 marquent plutôt une rupture dans cet approvisionnement/stockage d’antidépresseurs et d’antipsychotiques.

  • A partir du mois d’avril 2020, nous remarquons que plus de 10% des personnes atteintes de troubles psychiques en 2019 n’ont plus utilisé d’antidépresseurs.
  • Entre mars et décembre 2020, les délivrances d’antidépresseurs ont baissé de 6,5% par rapport à la même période de 2019. Par contre elles ont très peu diminué pour les antipsychotiques (-0,4%).

Hospitalisation avec et sans nuitée

Le nombre d’admissions en psychiatrie (hôpital psychiatrique ou service psychiatrique d’un hôpital général) des personnes atteintes de troubles psychiques en 2019 a significativement diminué pendant la période de pandémie par rapport à l’année 2019.

  • De mars à mai 2020, elle a été de 50% par rapport à la même période de 2019.
  • La baisse d’admissions en psychiatrie entre 2019 et 2020 n’a jamais été entièrement rattrapée en 2020 et s’est maintenue entre 30% et 47% entre juin et décembre 2020.

Nombre d’hospitalisations en psychiatrie entre 2019 et 2020

Urgences

La baisse du nombre d’entrées aux urgences hospitalières des personnes atteintes de troubles psychiques a été significative et continue à partir de mars 2020.

  • De mars à mai 2020 et de octobre à décembre 2020, diminution d'environ 30% par rapport à 2019.
  • Entre juin et septembre 2020, la diminution du recours aux urgences a été de 15% par rapport à 2019.

Nombre d’entrées aux urgences hospitalières entre 2019 et 2020