• Incapacité de travail

La majorité des patients ne bénéficient pas d’un suivi adéquat après une hospitalisation psychiatrique

Seul 1 patient sur 6 consulte un médecin généraliste dans les 7 jours suivant sa sortie d’un hôpital psychiatrique. C’est ce que révèle une étude menée par les Mutualités Libres, après l'analyse de 20.559 hospitalisations psychiatriques. Or, un suivi médical rapide après la sortie de psychiatrie est essentiel pour garantir la continuité des soins et favoriser un rétablissement durable. Les Mutualités Libres plaident dès lors en faveur d’une meilleure coordination entre les acteurs des soins et d’un trajet de soins posthospitaliers coordonné.

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Echange entre une patiente et son médecin dans le cadre d'un suivi d'incapacité de travail

Le nombre de réadmissions après une hospitalisation psychiatrique reste élevé

Les résultats de l’étude montrent que le risque de réadmission en psychiatrie est considérable : 

  • 16,5 % des patients sont réhospitalisés dans les 30 jours suivant leur sortie de l’hôpital. 
  • 33,7 % le sont dans les six mois. 

Ces réadmissions ne sont pas uniquement liées à la situation clinique du patient. Des facteurs sociaux et des aspects liés à l’organisation des soins jouent aussi un rôle important. 

Dans les 30 jours suivant la sortie, le risque de réadmission est notamment plus élevé de :

  • 21 % chez les personnes en incapacité de travail de plus de 12 mois ou en situation de handicap
  • 23 % après une hospitalisation prolongée (au delà de la médiane de 23 jours)
  • 22 % chez les patients qui prenaient des psychotropes avant l’hospitalisation
  • 23 % chez les femmes, par rapport aux hommes.

L’étude met aussi en évidence une plus grande vulnérabilité socio-économique des personnes hospitalisées en psychiatrie :

  • 39,5 % bénéficient d’une intervention majorée (BIM), contre 13 % de la population totale
  • 29,2 % sont en incapacité de travail de longue durée, contre 4 % de la population totale
     

Seul 1 patient sur 6 bénéficie d’un suivi médical à temps

L’étude apporte un nouvel éclairage sur la continuité des soins après une hospitalisation psychiatrique en Belgique. Cette continuité s’avère cruciale : l’absence de suivi ambulatoire rapide après la sortie de l’hôpital augmente le risque de réadmission et souligne l’importance des trajets de soins accessibles et bien coordonnés.

Les chiffres révèlent une rupture nette de la continuité des soins après la sortie : seuls 17,3 % des patients consultent un médecin généraliste dans les 7 jours suivant leur sortie. En l’absence de contact avec un médecin généraliste dans ce délai, le risque de réadmission augmente de 15 %.

Les semaines qui suivent la sortie d’un hôpital psychiatrique sont une période charnière pour le rétablissement. Un suivi rapide et de qualité est indispensable pour maximiser les chances de rétablissement et garantir la continuité des soins. Il est donc essentiel de préparer cette prise en charge pendant l’hospitalisation, et de veiller à ce qu’un premier contact avec les prestataires de soins ambulatoires ait lieu rapidement. Ceci pour contribuer à éviter certaines réadmissions et d’autres situations critiques.

Dr Ruud Saerens, médecin-expert aux Mutualités Libres
 

Recommandations des Mutualités Libres

Sur la base des résultats de l’étude, les Mutualités Libres formulent trois recommandations pour améliorer la prise en charge des patients et limiter les ruptures de soins : 

  • Garantir que chaque patient ait un contact avec un prestataire de soins ambulatoires dans un délai court et clairement défini (p. ex. dans les 7 jours suivant la sortie). Ce contact doit être planifié dès l’hospitalisation et associé à un transfert d’informations en temps utile.
  • Organiser une coordination structurelle des soins pour les patients ayant des besoins complexes, en désignant pour chaque patient un coordinateur de soins attitré (p. ex. le médecin généraliste, un membre d’une équipe mobile ou un autre professionnel), responsable du suivi posthospitalier et de l’articulation entre les acteurs de soins et de l’aide sociale. Ancrer ce rôle de coordination dans un trajet de soins et prévoir, le cas échéant, un financement structurel.
  • Renforcer de manière structurelle la capacité et l’accessibilité des soins de santé mentale ambulatoires, tant en première ligne que spécialisés, afin de réduire les délais d’attente et d’éviter que les sorties d’hospitalisation n’aboutissent à des ruptures de soins ou à des réadmissions évitables.