08/10/2021

Une étude a été réalisée par les Mutualités Libres sur l'utilisation et la non-utilisation des soins de santé. Nous vous proposons une partie d'analyse se concentrant sur les répondants qui utilisent bien les soins de santé, mais qui montrent un comportement spécifique de rejet de l'aide en ce qui concerne les soins de santé mentale.

On observe plus de tabous en santé mentale qu'en santé physique. C'est un des constats d'un sondage réalisé auprès des membres des Mutualités Libres sur le non-usage des soins de santé.

On note que environ 5 utilisateurs sur 10 (MG) à 8 sur 10 (dentiste) planifient régulièrement ("plusieurs fois par an", "une fois par an", "une fois tous les 2 ans") un rendez-vous avec le dentiste, le gynécologue et le médecin généraliste. Mais moins de 1 répondant sur 10 prend régulièrement rendez-vous avec un psychiatre ou un psychologue.

Comportement de non recours aux prestataires de soins 

Principaux résultats

  • 1 personne sur 3 (35,5%) admet ne pas vouloir faire appel à un psychiatre ou à un psychologue.
  • Presque 4 hommes sur 10 (38,4%) refusent d'avoir recours à des soins psychologiques, alors que pour les femmes, la proportion est de 1 sur 3 (31,6%).
  • Il y a un lien clair entre la crainte liée au covid19 et le comportement de rejet du recours aux soins de santé mentale : 39,9% des personnes interrogées qui ont peur à cause de la crise corona montrent un comportement de rejet de l'aide, contre 33,8% des personnes interrogées qui n'ont pas peur à cause de la crise corona.

Quelles sont les barrières aux soins de santé mentale ?

Une autre analyse serait nécessaire pour comprendre ce qui empêche les personnes à faire appel à l'aide psychologique. Nous pouvons néanmoins déjà en avoir une idée grâce aux 6 catégories d'obstacles formulées par Arundell. Ces catégories sont présentées dans le tableau 1, avec à chaque fois quelques exemples des obstacles spécifiques qui relèvent de cette catégorie.

Catégories et exemples d'obstacles aux soins de santé mentale identifiés par Arundell

Pour lire l'étude complète de Arundell, cliquez ici 

Recommandations

  • Il est important de bien orienter les personnes ayant des problèmes psychologiques vers une aide formelle. En plus d'une consultation classique, les téléconsultations peuvent être d'une grande valeur ajoutée en étant facilement accessibles, flexibles, peu chronophages et éventuellement même anonymes. Nous recommandons donc de sensibiliser le grand public à ces offres existantes et de les élargir lorsque cela est possible.
  • Le médecin généraliste a un rôle important à jouer dans l'orientation des personnes vers une aide psychologique spécialisée, en particulier pour les personnes à faible revenu et à faible niveau d'éducation qui ont plus de difficultés à trouver le chemin de l'aide spécialisée.
  • Les soins psychologiques doivent être adaptés aux besoins de groupes spécifiques. Surtout pendant la crise corona, on a pu observer le besoin de soins adaptés pour certains groupes à risque, qui ont également moins de contacts sociaux qu'auparavant. Les campagnes d'information devraient aussi cibler certains groupes moins exposés.
  • Il faut continuer à travailler sur la déstigmatisation des problèmes mentaux. Par exemple, en laissant les personnes ayant des problèmes mentaux parler pour elles-mêmes, afin que leurs autres rôles sociaux puissent également être montrés (conjoint), employé, voisin,...)