Tous, nous respirons et nous avons besoin d’air. Il est dans notre intérêt que l’air que nous inspirons dans nos poumons soit pur. Mais qu’en est-il vraiment de la qualité de l’air dans notre pays ? Selon Frans Fierens, expert en la matière, nous faisons des progrès. "Même si le chemin à parcourir est encore long."

L'asthme touche 2,1 % de la population et représente 9 % des malades chroniques. L’étude réalisée par les Mutualités Libres et consacrée aux maladies chroniques nous le confirme. De plus, ces dernières années, le nombre de patients asthmatiques a augmenté. Est-ce que cela nous donne un indice sur la qualité de l'air que nous respirons chaque jour ? Selon Frans Fierens, directeur administratif de la Cellule Interrégionale de l'Environnement (CELINE), ce n'est pas si simple. "La pollution de l'air peut provoquer de l'asthme ou déclencher des crises d'asthme. Il est beaucoup moins évident de faire un lien entre la pollution de l’air et l’augmentation du nombre de patients asthmatiques et souffrant d'autres maladies pulmonaires, telles que les maladies pulmonaires obstructives chroniques. La pollution de l'air (extérieur) a en effet diminué entre 2010 et 2018, contrairement à ce que beaucoup pensent. Il y a maintenant moins de particules fines, de particules de suie (diesel) et de dioxyde d'azote dans l'air qu'il y a dix ans. Seules les concentrations d'ozone sont restées stables."

Il semble donc peu probable que la hausse du nombre de patients asthmatiques ait un rapport avec la pollution de l'air. "Penser que notre air est moins sain qu’avant est un malentendu qui a la vie dure", poursuit Frans Fierens. CELINE cartographie la qualité de l'air dans les différentes régions de notre pays. Frans Fierens a ainsi pu voir comment notre air est devenu plus propre au fil des années. "Il y a quarante ans d’ici, notre situation était bien pire que celle d'aujourd'hui, malgré le fait qu'il y a maintenant beaucoup plus de voitures qui circulent. Les émissions des véhicules actuels sont moins élevées qu'autrefois. Nous n'utilisons plus non plus de charbon pour chauffer nos maisons ou pour produire de l'électricité." La Belgique atteint les normes imposées par l'Europe pour presque toutes les substances, mais ne respecte pas encore les valeurs beaucoup plus strictes recommandées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "L'Union européenne a imposé une valeur limite de 25 microgrammes par mètre cube et par an pour les particules fines", explique Frans Fierens. "Avec 15 microgrammes, nous sommes bien en dessous, mais l'OMS a fixé quant à elle une limite de 10 microgrammes. Nous avons donc encore une marge d'amélioration !" Nous ne devons pas ignorer les dangers des particules fines et du dioxyde d'azote. Le dioxyde d'azote, en particulier celui des voitures diesel, reste encore un problème dans les endroits très fréquentés. Selon Frans Fierens, la pollution de l'air a surtout un impact à long terme sur notre santé. "En moyenne, nous perdons encore 14 mois de vie en bonne santé à cause de la pollution de l'air".

Cela signifie-t-il que les personnes souffrant d'asthme devront encore attendre avant de respirer de l'air pur ? "L'introduction de zones à faibles émissions (LEZ) dans certaines grandes villes prouve que les autorités réfléchissent à rendre nos villes plus vivables. Ces zones entraînent clairement des résidus diesel moins cancérigènes dans l'air", explique Frans Fierens. "Même s’il est certain que la qualité de l'air peut encore s'améliorer. D'ici 2030, nous devons réduire de moitié l'impact de la pollution atmosphérique sur la santé en Europe par rapport à 2005." La qualité de l'air à la campagne est généralement meilleure qu'en ville. "Si vous voulez profiter d’un air sain, allez dans les Ardennes car c'est là que l'air est le plus pur."

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