De nombreuses innovations médicales sont apparues ces dernières années, apportant de réelles avancées pour les patients : nouveaux antiviraux contre l’hépatite C, thérapies ciblées et immunothérapie pour le traitement du cancer ou tests diagnostiques,… Ces traitements innovants, en particulier pour les maladies rares et les cancers, ont directement fait augmenter les dépenses. Une croissance qui n'a pas été compensée par les économies apportées par les médicaments arrivant en fin de brevet ou la rationalisation des volumes de prescription. Même si les coûts de ces traitements sont censés baisser dans les prochaines années, leur déploiement à grande échelle constitue un défi budgétaire majeur,, ce qui nécessitera une évaluation renforcée de la plus-value économique et thérapeutique de ces nouveaux traitements. 

Le budget consacré aux médicaments représente 17,8 % du budget total et dépasse son objectif budgétaire depuis 2015, à hauteur de 200 à 300 millions d’euros par an. Rien que dans le domaine du traitement du cancer, on estime que d’ici 2020, plus de 70 % des traitements reposeront sur les thérapies ciblées et l’immunothérapie et représenteront près de 20 % du budget total des médicaments.

Vu les coûts de traitement de certaines pathologies et les différences de prix réels inexpliquées entre pays, de nombreux acteurs de la santé dénoncent les prix pratiqués par l’industrie pharmaceutique. Non seulement à cause du manque de transparence de la structure du prix de revient, mais aussi parce que pour de nombreux traitements, il subsiste des incertitudes sur l’efficacité clinique. Une bonne partie de ces médicaments est sous contrat, ce qui représente aujourd’hui près d’un quart du budget des médicaments.

A l’avenir, les gouvernements joueront un plus grand rôle dans la fixation des prix et l’orientation des domaines de recherche. Cela se justifie d’autant plus que la recherche est largement soutenue par les pouvoirs publics, de manière directe et indirecte. Si l’industrie pharmaceutique veut continuer à bénéficier d’un soutien sociétal, elle devrait s’inscrire dans une démarche de transparence accrue sur les coûts réels et sur les mécanismes de fixation des prix. 

Que proposent les Mutualités Libres ?

D’ici 2021, revoir les mécanismes de gestion des spécialités pharmaceutiques pour garantir un équilibre budgétaire. A plus long terme, développer de nouveaux modèles de financement des innovations médicales.

Quelles sont les actions prioritaires ?
  • Mettre en place une concertation transversale (industrie, médecins, organismes assureurs, pharmaciens,…) avec pour objectif de revoir les modèles de financement à plus long terme et assurer l'accès aux traitements innovants pour la population.
  • Revoir les mécanismes de gestion existants :
    • Fixer un budget maximal pour certains groupes de médicaments ou certaines pathologies en intégrant les perspectives de nouveaux traitements (horizon scanning).
    • Faire évoluer le système de contrats avec l’industrie pharmaceutique (meilleure transparence sur les données cliniques, mécanisme d’évaluation par une instance indépendante,…).
    • Stimuler la collaboration entre états européens (horizon scanning, registres, échange d’informations, négociation de prix,…).
    • Mettre en place un système d’horizon scanning afin d’avoir une vue sur les perspectives de nouveaux traitements et anticiper les considérations budgétaires.

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