La pollution de l'air est le lot des grandes villes. Notre capitale n'échappe pas à la règle. Le trafic routier, par exemple, y est responsable de 30% des émissions de particules fines et de 69% des émissions de dioxyde d’azote. Plusieurs initiatives ont vu le jour pour analyser, mesurer et chercher des pistes pour améliorer la qualité de l'air respiré dans la capitale.

Un labo de la qualité de l'air

Le projet ExpAIR, initié par Bruxelles Environnement de 2013 à 2017, a été réalisé en collaboration avec 276 citoyens volontaires et avec l'objectif principal d’évaluer l’exposition de la population à la pollution de l’air en Région de Bruxelles-Capitale. Les volontaires portaient un appareil compact qui mesurait le "black carbon" et complétaient un carnet avec leurs périodes de trajet et modes de transport choisis. Le projet ExpAIR a permis une cartographie du "black carbon" pour la région bruxelloise. Le "black carbon" constitue une sous-classification des particules fines et présente des risques importants pour la santé : cancer, affections cardio-vasculaires, etc.
Les constats sur la forte concentration de "black carbon" à Bruxelles ont conduit en 2018 à la mise en place des zones de basse émissions régionale permanente (LEZ). Depuis le 1er janvier 2018, la Région de Bruxelles-Capitale (RBC) est donc une Zone de Basses Emissions : une zone interdisant la circulation aux véhicules les plus polluants. Cette mesure a été prise dans de très nombreuses villes belges, comme Anvers et Gand mais aussi européennes. 

Mesures en conditions réelles des polluants

Un grande campagne de mesure des polluants des véhicules a été lancé fin octobre 2020 par Bruxelles Environnement, en collaboration avec l’ICCT (International Council for Clean Transportation) et TRUE (The Real World Urban Emissions). La particularité de cette campagne est de mesurer les émanations directement dans la circulation dans une dizaine d’endroits différents en Région bruxelloise. Différents polluants seront mesurés : dioxyde de carbone (CO2), monoxyde de carbone (CO), hydrocarbures (HC), particules (PM), monoxyde d’azote (NO), dioxyde d'azote (NO2), ammoniac (NH3). Ce type de mesures a déjà eu lieu en Europe mais des innovations existent pour la campagne bruxelloise : mesure des émissions réelles des véhicules récents équipés de moteurs diesel Euro 6d, mesure des particules à la sortie des pots d’échappement grâce à un appareil permettant de détecter la fraude au filtre à particules et enfin, mesure du bruit des véhicules. Les résultats sont attendus pour le deuxième trimestre de 2021. L'objectif est de définir des actions concrètes pour lutter contre la pollution de l’air et le bruit provenant du trafic routier à Bruxelles.

Les citoyens mesurent la pollution atmosphérique

La campagne #LesChercheursDair a vu le jour à l'automne 2020. "Que respirons-nous ? Pas de liste d’ingrédients au dos du paquet. Pas d’étiquette avec l’origine de fabrication", peut-on lire sur le site du projet. Pour rendre cette pollution plus visible, l’objectif de cette campagne est de mesurer un polluant en particulier : le dioxyde d’azote (NO2), un gaz nocif pour la santé émis principalement par le trafic routier. #LesChercheursDair ont fait appel à 60 Bruxellois et 70 écoles de la région pour mettre en en place 130 points de mesure qui seront actifs de fin octobre 2020 à fin octobre 2021.

Focus sur les enfants

Développé par l’asbl Hypothèse en partenariat avec Bloomberg Philanthropies, le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale et Bruxelles Environnement, Babel'air est un projet d'accompagnement pédagogique des écoles de Bruxelles à propos de la qualité de l’air. Dès janvier 2021, l’asbl Hypothèse proposera des formations, des animations et mettra à disposition des écoles des supports pédagogiques d’activités sur le thème de la qualité de l’air tant pour les enseignants que pour les enfants. Un exemple d'activité ? En octobre 2020, des écoles de Bruxelles ont participé à une expérience pour mesurer la qualité de l’air extérieur à partir des feuilles d’arbres. Cette expérience sera reconduite en automne 2021 et 2022.

Autre projet d'étude sur la qualité de l'air dans la capitale, l'Université de Hasselt va analyser les effets de la pollution de l'air sur la santé de 200 enfants bruxellois. "Les enfants donneront des échantillons de sang et d'urine à intervalles réguliers que nous examinerons avec notre équipe", explique dans Het Belang van Limburg, l'épidémiologiste environnemental Tim Nawrot (UHasselt)."De cette façon, nous pouvons vérifier combien de particules de suie sont entrées dans le corps par leurs poumons. Les enfants de 10 ans emporteront avec eux un appareil de mesure de l'air. De plus, les enfants passeront des tests dans lesquels nous les testerons la mémoire et l'attention." L'étude commencera au printemps 2021.

Autres initiatives

  • BRAL > mouvement urbain pour un Bruxelles durable dont les priorités sont une meilleure qualité de l'air, une économie à la fois verte et sociale et un développement urbain efficace et participatif. - https://bral.brussels/
  • Clean Air Brussels > plate-forme citoyenne qui agit pour la qualité de l’air à Bruxelles - https://www.facebook.com/CleanAirBXL/
  • Filter Café Filtré > mouvement citoyen pour améliorer la qualité de l'air et transformer la mobilité, notamment aux abords des écoles. - https://www.filter-cafe.org/
  • Bruxsel'air > initative citoyenne et bénévole sur la question de qualité de l’air et son appropriation par les citoyens. - https://www.facebook.com/bruxselair/about

Sources

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