17/06/2019

Bruxelles, le 17 juin 2019. La plupart des jeunes aiment jouer aux jeux vidéo. 6 jeunes sur 10 s’y adonnent sur leur smartphone ou tablette et 4 sur 10 également sur leur PC ou console. Une activité plutôt chronophage : en moyenne 11 bonnes heures par semaine sont consacrées à jouer sur ces différents appareils.

Les garçons jouent plus et plus longtemps

Notre enquête ne laisse aucun doute : les garçons jouent plus que les filles et aussi plus longtemps. 6 garçons sur 10 jouent à des jeux sur une console ou un ordinateur, contre seulement 3 filles sur 10. De plus, un quart des garçons joue également plus de 10 heures par semaine sur console ou PC, contre seulement 5 % des filles. Mais cela ne signifie pas que les filles passent beaucoup moins de temps devant un écran. Elles utilisent en fait davantage les réseaux sociaux comme Instagram, WhatsApp, Messenger et Snapchat. 

Même en considérant le nombre total d'heures pendant lesquelles les jeunes jouent aux jeux vidéo, quel que soit le support, l’écart reste important : 29 % des garçons jouent plus de 15 heures par semaine, contre 7 % des filles. Elément frappant : la différence est minime lorsqu’il s’agit uniquement de jeux sur smartphone ou tablette. 6 garçons et filles sur 10 jouent à des jeux sur leur smartphone ou tablette.

"Pour passer le temps"

Pourquoi les jeunes aiment-ils tant jouer aux jeux vidéo ? Pour 1 jeune sur 2, c'est simplement une façon de "passer le temps". D'autres raisons souvent citées sont le besoin de se défouler (32 %), fuir la réalité (28 %), l'adrénaline et l'excitation du jeu (18 %) et le sentiment de faire partie d'une communauté de joueurs (14 %). En même temps, les jeunes sont également conscients des inconvénients de ce genre de jeux. Ils classent le risque de dépendance en première position (43 %), suivi du fait d’aller se coucher tard et d'avoir du mal à se lever (26 %) et de ne plus avoir de temps pour d’autres activités (21 %). 

Quelles conséquences pour la santé ?

Les jeunes sont donc conscients de l'impact potentiel du jeu vidéo sur leur santé, et ce n'est pas du luxe. Un peu plus de 6 jeunes sur 10 déclarent avoir déjà éprouvé au moins une forme de douleur physique résultant du gaming : aux yeux (28 %), au cou/à la nuque (23 %), à la tête (22 %), au pouce (16 %) ou au bras (12 %). En outre, plus de la moitié des jeunes s’est déjà senti dans un état émotionnellement négatif suite au gaming. Il s'agit principalement du sentiment d'épuisement (28 %), d'exagération (18 %), de culpabilité (12 %) et d'isolement (11 %). 

Sensibiliser au jeu vidéo

Le jeu vidéo fait partie du monde des jeunes. Et ce n’est pas un problème en soi, car le jeu vidéo peut également favoriser la coordination entre les yeux et les mains, la résolution de problèmes, l’apprentissage de défis, etc. Pour beaucoup de jeunes, le jeu vidéo est aussi une activité sociale : ils jouent ensemble avec des copains ou se font de nouveaux amis en ligne. Néanmoins, il est important de trouver un bon équilibre et d'être attentif aux symptômes liés à l’excès de jeux vidéo et à ses conséquences pour la santé physique et mentale.

"Les Mutualités Libres attachent une grande importance à la prévention. Les jeux vidéo méritent aussi une bonne stratégie de prévention avec des informations utiles, de la sensibilisation et une attention particulière pour les jeunes à risque de dépendance", souligne Ann Ceuppens, directrice Représentation et Etudes aux Mutualités Libres

“L’accès à des univers de fiction par le jeu est une activité importante pour les jeunes en temps, plaisir et investissement personnel”, explique Yves Collard, expert et formateur à l’éducation aux médias. "Avec les jeux vidéo, ils mettent en œuvre une série d’expérimentations positives et exercent plusieurs compétences, pas seulement techniques. Par exemple, sur leurs écrans, ils modélisent des univers en lien avec leurs transformations psychiques et ses enjeux. S’ils prennent une distance apparente avec la vie sociale ou familiale, ils ne se coupent pas du monde : le jeu vidéo peut les aider à re-figurer certaines difficultés rencontrées dans la vie. Il réclame et développe attention et concentration prolongées, il est donc à alterner avec d’autres activités plus physiques. Il favorise le développement d’une mémoire de travail et  multitâches.

Plus d’infos ?

  • Ann Ceuppens, directrice Représentation & Etudes des Mutualités Libres : ann.ceuppens@mloz.be - 0478/45.37.95
  • Yves Collard, formateur en éducation aux médias, professeur invité à l’IHECS : y.collard@media-animation.be - 0493/83.02.15