25/11/2020

Les malades chroniques représentent 25% de la population et 70% des dépenses totales de santé, c'est ce qui ressort des données des affiliés des Mutualités Libres. Les affections chroniques pèsent de plus en plus sur les dépenses de santé publique, comme le montre leur dernière étude. Entre 2010 et 2018, les dépenses moyennes par patient de l'assurance maladie et liées aux affections chroniques ont augmenté de 17% ! Pour les Mutualités Libres, il faut renforcer le budget dédié à la prévention et développer les outils eHealth. La situation sanitaire actuelle le démontre de manière remarquable.  

Entre 2010 et 2018, la part des personnes atteintes d’une maladie chronique est passée de 23,7% à 24,9%. Les maladies chroniques, comme l'hypertension ou le diabète, pèsent de plus en plus sur les dépenses de soins. Les dépenses en soins de santé pour les malades chroniques, remboursées par l'INAMI, sont passées de 67,4% à 70,4% des dépenses totales de santé. La probabilité d’être affecté par une pathologie chronique augmente avec l’âge. Plus de 6 personnes sur 10 âgées de 60 à 79 ans sont atteintes d’au moins une maladie chronique, alors que ce chiffre s’élève à 8 personnes sur 10 pour les plus de 80 ans, en raison de la présence de plusieurs maladies chroniques (comorbidités).

Dépenses 7 fois plus élevées

La dépense annuelle moyenne en soins de santé à charge de la sécurité sociale des personnes atteintes d’une maladie chronique est 7 fois plus élevée que celle des personnes sans affection chronique. Entre 2010 et 2018, les frais de santé à charge de la sécurité sociale ont augmenté de 17% pour atteindre 6.129 euros par personne et par an en moyenne. Chez les personnes sans affection chronique, la croissance des dépenses est de 9%. Autre conséquence de la maladie chronique : la probabilité d’être hospitalisé est 3 à 4 fois plus importante chez les personnes atteintes d’une maladie chronique que le reste de la population.

Utilité des téléconsultations

Assurer la continuité des soins pour un malade chronique est crucial. La crise sanitaire a permis la mise en place de téléconsultations qui ont été très utiles dans le suivi et ont constitué un complément utile aux visites chez le médecin. Nos données administratives montrent que 4 malades chroniques sur 10 (39%) ont eu recours à au moins un soin à distance, alors que ce taux est de 17% parmi les non malades chroniques. En cas de pandémie ou non, il faut donc encourager les patients chroniques à utiliser les outils à disposition pour assurer le plus possible la continuité de leurs soins avec leurs prestataires de soins de santé. Les Mutualités Libres recommandent donc aux patients chroniques d'avoir un dossier médical électronique global (eDMG) chez leur médecin traitant et de donner leur consentement pour le partage des données de santé enregistrées dans leurs dossiers médicaux.

Maladies chroniques et Covid-19

Près de trois quarts (73%) des patients admis à l’hôpital pour une infection au Covid-19 souffraient d’au moins un problème de santé préexistant (comorbidité), avec une représentation importante de maladies chroniques comme l’hypertension artérielle, des maladies cardio-vasculaires et du diabète, selon les chiffres de Sciensano. En effet, plusieurs sources scientifiques, dont les données issues de Sciensano, confirment que la présence de maladies chroniques entraîne un risque plus élevé de présenter une forme sévère du Covid-19 et de décès.

Investir dans la prévention

Enfin, pour les Mutualités Libres, la priorité des autorités de la santé doit être d'investir dans la prévention. Dans notre pays, le budget alloué à la prévention représente 2,2% des dépenses totales de santé, alors que la moyenne européenne est de 3%. Cela va de pair avec l'amélioration des conditions de vie à tous les âges de la vie grâce à la promotion de la santé à l'école, la promotion d'une alimentation saine et d'une activité physique, la garantie de lieux de vie sains ou encore le maintien de conditions de travail correctes,... L'utilisation du dossier médical global électronique est un autre moyen d'assurer un meilleur contexte préventif des malades chroniques. Enfin, les Mutualités Libres plaident aussi pour un monitoring systématique des dépenses liées aux maladies chroniques.

L'EXPERT > Jean Macq, professeur en santé publique (UCLouvain) : "De l’importance d’améliorer l’intégration des soins en fonction des buts de la personne atteinte de maladie chronique"

"Un des enjeux essentiels dans l’accompagnement des personnes avec maladie chronique est de mieux intégrer leurs soins dans leur parcours de vie. Cela signifie, renforcer le lien entre soins curatifs, prévention et promotion, mais aussi améliorer la transition entre différents prestataires et lieux de soins (le domicile ou l’hôpital). Cela est rendu plus facile dans des systèmes de soins et d’aides intégrés coordonnant les actions des différents acteurs du soin et de l’aide dans un territoire. Les efforts entamés en Belgique pour développer ces systèmes, dans le cadre du plan maladie chroniques (soins intégrés pour une meilleure santé), devraient être poursuivis." 

Plus d'infos

  • Muriel Lona, Service Représentation & Etudes des Mutualités Libres - 0493 49 04 75 ou murielle.lona@mloz.be 
  • Lies Dobbelaere, contact presse général pour les Mutualités Libres - 0478 75 47 67 ou lies.dobbelaere@mloz.be
  • Jean Macq (UCLouvain), expert externe – 0475 52 31 18

Découvrez davantage de chiffres, conclusions et recommandations de cette étude sur www.mloz.be/maladieschroniques