18/02/2020

Pourquoi les gens passent-ils toute une année sans aller voir de médecin ? Est-ce parce qu’ils sont en parfaite santé ? C'est peut-être bien le cas de certains, mais cette hypothèse ne s'applique pas du tout à tous les "non-utilisateurs". De plus, ce manque de suivi médical comporte également des dangers. Ne pas consulter un prestataire de soins pendant un an, revient également à ne pas bénéficier  de la prévention : pas de visite de contrôle chez le dentiste, pas de vaccins, pas de conseils de santé personnalisés, etc. A long terme, cela peut être préjudiciable à la santé et également entraîner une augmentation des dépenses en soins de santé, tant pour le patient que pour l'assurance maladie. 

De qui s’agit-il principalement ? 

Quel est le profil des personnes qui n’ont pas eu recours aux soins médicaux pendant un an ? Les données de remboursement des membres des Mutualités Libres montrent que certaines caractéristiques augmentent significativement le risque de non-utilisation des soins de santé. Il s’agit des profils suivants :

  • Indépendants : la proportion d'indépendants dans le groupe des non-utilisateurs est deux fois plus élevée qu’au sein de l’effectif global des Mutualités Libres (20 % contre 9 %).
  • Hommes : jusqu'à 7 non-utilisateurs sur 10 sont des hommes.
  • Bruxellois : 1 non-utilisateur sur 3 vit à Bruxelles, alors que les Bruxellois représentent un cinquième du nombre total des membres des Mutualités Libres.
  • Jeunes : l'âge moyen des non-utilisateurs était de 34 ans en 2018, contre 39 ans pour l’effectif global des Mutualités Libres.
  • Célibataires : 6 non-utilisateurs sur 10 sont isolés, contre 5 sur 10 parmi l’effectif total des Mutualités Libres.
  • Personnes à faibles revenus : le revenu médian des non-utilisateurs s'élevait à 23.687 euros en 2018, contre 25.080 euros pour la totalité de l’effectif des Mutualités Libres. 

Diminution par rapport à 2010

Heureusement, il y a quand même de bonnes nouvelles. Le nombre de non-utilisateurs de soins médicaux a diminué ces dernières années, passant de 7 % en 2010 à 5,4 % en 2018. Nos données montrent qu'en premier lieu, un plus grand nombre de personnes se sont rendues chez le dentiste (54 % en 2014 contre 58,4 % en 2018). Cette augmentation est probablement liée à la sensibilisation aux soins dentaires et à l'introduction du trajet de soins bucco-dentaires en 2016, dans le cadre duquel les personnes qui n’effectuent pas de visite de contrôle pendant un an doivent payer un ticket modérateur plus élevé. Par ailleurs, le nombre de personnes ayant consulté un kinésithérapeute a augmenté de 16,7 % (2014) à 18,5 % (2018). Notamment, en raison du nombre croissant de personnes en incapacité de travail pour des problèmes de l'appareil locomoteur (en particulier les lombalgies). 

Sensibiliser les différents profils de manière ciblée

Comment pouvons-nous encourager les non-utilisateurs à avoir recours aux soins médicaux ? Outre les campagnes générales destinées à l'ensemble de la population,  des actions de sensibilisation adaptées à ces groupes cibles spécifiques sont également nécessaires, notamment dans le domaine de la prévention. Elles pourraient prendre la forme de campagnes d'information dans certains quartiers de Bruxelles.

Ces actions ciblées appellent à une collaboration encore plus étroite entre tous les niveaux politiques responsables des soins de santé. Elles requièrent également la création de points de contact uniques pour développer ces campagnes et pour familiariser les non-utilisateurs avec le monde des soins de santé, de plus en plus complexe dans notre pays. Les mutualités sont un acteur important, par exemple en identifiant les profils à risque parmi leurs membres et en leur proposant des informations claires et adaptées à leurs besoins sur les thèmes de la santé. 

Plus d'infos

  • Güngör Karakaya, Service Représentation & Etudes des Mutualités Libres : gungor.karakaya@mloz.be - 0476 86 20 67
  • Découvrez tous les chiffres, conclusions et recommandations dans l’étude complète sur www.mloz.be