18/11/2021
Prêter attention à l'importance de l'utilisation correcte des antibiotiques afin de prévenir la résistance. C'est le message martelé à l'occasion de la "World Antimicrobial Awareness Week" (Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens. Une mauvaise utilisation des antibiotiques peut en effet rendre les bactéries résistantes, ce qui ne permet plus de traiter correctement les maladies graves.

Les Mutualités Libres ont examiné l'évolution de l'utilisation d’antibiotiques par leurs affiliés. En voici quelques résultats :

  • En 2020, 575 prescriptions d'antibiotiques pour 1.000 bénéficiaires ont été délivrées, contre 735 en 2019. C'est un pas dans la bonne direction, mais encore loin de l'objectif national de 400 prescriptions d'antibiotiques pour 1.000 bénéficiaires pour 2020.
  • En 2020, des antibiotiques ont encore été prescrits à 1 membre sur 4 : la proportion des membres des Mutualités Libres ayant recours aux antibiotiques est passée de 36,7 % à 32,3 % en 2019 et même 25,5 % en 2020.
  • Près de la moitié des antibiotiques utilisés sont des antibiotiques de seconde intention, ce qui représente une légère amélioration depuis 2015 mais reste éloigné de l'objectif fixé par l'Organisation mondiale de la santé (les antibiotiques de seconde intention ne représentent que 40 % du volume). Les antibiotiques de seconde intention sont des antibiotiques utilisés lorsque le traitement standard ne fonctionne pas ou pas suffisamment.
  • L'utilisation d'antibiotiques augmente avec l'âge : le volume quotidien par bénéficiaire est presque 5 fois plus élevé chez les 80+ que chez les 0 à 9 ans en 2020.

Impact des mesures prises pendant la pandémie

2020 a été une année exceptionnelle à bien des égards. L'utilisation d'antibiotiques a en effet été influencée par la Covid-19. Dans notre pays, l'utilisation d’antibiotiques culmine généralement de fin décembre à début février. En 2020, la situation était différente en raison des mesures prises pendant la pandémie, telles que la distanciation sociale, le port du masque, le télétravail, la fermeture des crèches et des écoles, etc. Associées à un meilleur comportement hygiénique (comme le lavage régulier des mains), ces mesures ont probablement contribué en partie à la diminution de l'utilisation des antibiotiques. Le report des soins et des consultations pendant la pandémie est aussi une explication possible.

Les mesures prises dans le cadre de la pandémie de Covid-19 et visant à réduire la circulation du virus ont donc probablement également un impact sur la consommation d'antibiotiques. Il faut espérer que ces habitudes, qui sont devenues encore plus importantes pendant la Covid-19 (rester chez soi quand on est malade, avoir une bonne hygiène des mains et de la toux, etc.), resteront ancrées et contribueront à un effet durable sur l'utilisation des antibiotiques et la résistance aux antibiotiques. De cette façon, les antibiotiques restent disponibles pour ceux qui en ont vraiment besoin.

A lire aussi