Jeunes

Impact (très limité) de l'école

II apparaît dans l’enquête réalisée par les Mutualités Libres que seuls 17 % des garçons et 8 % des filles estiment que l’école les motivent à s’occuper de leur santé. Il semble cependant y avoir un paradoxe puisque deux tiers d’entre eux souhaitent cependant qu’elle s’empare davantage des questions de santé et notamment celles qui ont trait aux comportements à risque. Alors que l’école est le lieu où les jeunes passent la plus grande partie de leur temps, certaines voix s’élèvent pour réclamer que celle-ci joue davantage son rôle de promotion de la santé. Qu’en pense le monde de l’école ? Sophie De Kuyssche, Secrétaire générale de la Fédération des Centres PMS libres du SeGEC partage son analyse ainsi qu’une série de pistes.

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impact école
Sophie De Kuyssche

"C’est effectivement étonnant" déclare Sophie De Kuyssche. "Les jeunes attendent de l’école qu’elle informe sur les sujets qui touchent à leur santé mais, ils ne la considèrent pas comme un interlocuteur privilégié". Dès lors, quel rôle l’école doit-elle jouer ? Les jeunes ne sont peut-être pas suffisamment conscients que des espaces confidentiels existent où ils peuvent aborder les questions de santé. "Je pense notamment aux éducateurs, dans l’enseignement secondaire, qui ont un rôle à jouer dans le recueil de questions, voire de confidences" reprend-t-elle. Le personnel des structures qui collaborent avec l’école en matière de promotion de la santé, à savoir pour la partie francophone du pays, les Centres pyscho-médico-sociaux, et les services PSE (services de promotion de la santé à l’école) sont aussi à la disposition des élèves. "Le savent-ils vraiment ? Peut-être que certains ne sont pas bien conscients de cela"."

Au-delà des dispositifs existants, qui sont encore trop souvent méconnus, Sophie De Kuyssche insiste sur le rôle des pairs. "Les jeunes considèrent les amis, les pairs, comme des interlocuteurs privilégiés. N’oublions pas que ces pairs se trouvent à l’école. Celle-ci doit donc vraiment soutenir ces groupes et les considérer comme un soutien pour chaque jeune qui en fait partie". Par cette approche, on contribue selon elle à créer de la cohésion de groupe. "Les sentiments de bien-être, de confiance et de sécurité au sein de ces groupes sont très importants. Ils permettent de renforcer la confiance afin d’aborder notamment les questions de santé". 


Le Centre PMS

Les professionnels des Centres PMS assistent à une explosion des demandes individuelles des jeunes. Celles-ci touchent souvent aux problèmes de santé mentale. "Outre le nombre de demandes, leur complexité est inédite si on compare avec la période pré-Covid. Dans ce cadre, le rôle des agents PMS est de recevoir le jeunes, d’accueillir ses émotions, de l’écouter et, de l’aider à mettre des mots sur ce qu’il ressent. Il s’agit d’identifier avec lui ses difficultés et ses besoins". L’intervention consiste parfois aussi à relayer la demande vers des professionnels extérieurs au monde de l’école : "Les centres PMS ne font pas de suivi psychologique d’ordre thérapeutique par exemple. Il y a donc un système de relais qui se met en place vers les psychologues de première ligne".

Si les Centres PMS travaillent avec les élèves de manière individuelle, ils interviennent aussi en groupe-classe, dans une optique de prévention principalement. "Il s’agit d’une dimension essentielle pour prévenir les difficultés, les problèmes liés à la santé et à la santé mentale en particulier. Les agents interagissent avec les enseignants pour les sensibiliser à l’importance de l’accueil des élèves, de l’accueil de chaque élève et pas simplement un quart d’heure en début d’année scolaire". D’autres thématiques, mises en évidence dans l’enquête, font bien-sûr également partie du quotidien de ces professionnels. Il peut s’agir de l’alimentation, du sommeil, de l’hygiène de vie ou encore des assuétudes. 


Engagement

"La prévention, c’est aussi permettre au jeune de se mettre en mouvement et de s’engager" enchaîne la Secrétaire générale.  "Les encourager à s’engager, y compris dans l’école, c’est leur permettre une protection". Des études menées notamment par l’université de Liège pendant la période Covid ont ainsi montré que plus l’adolescent s’engage, moins il est dans la transgression ou dans la tentation d’adopter des comportements déviants. "Cette fonction protectrice est la bienvenue pour assurer un bien-être tant à l’école qu’en dehors" conclut Sophie De Kuyssche.

Outil pédagogique

La VRT a récemment édité une EDUBox consacrée au fonctionnement des systèmes de santé chez nous et à l’étranger. Cet outil, composé de fiches tant "papier" que digitales et de matériel audiovisuel, est destiné aux élèves de l’enseignement secondaire. Mis aux point avec l’aide de plusieurs partenaires dont les Mutualités Libres, il peut s’utiliser en classe, individuellement ou en groupes.

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