16/07/2021

Quid de la situation des maisons de repos de Bruxelles et de Wallonie pendant la pandémie de COVID-19 ? La dernière étude des Mutualités Libres explore plusieurs axes, à commencer par la mortalité. Le nombre de décès s’avère  particulièrement élevé lors des deux vagues de la pandémie, mais la première a été beaucoup plus mortelle. L’étude analyse aussi le profil de dépendance des nouveaux résidents et explore enfin le recours des résidents aux médicaments remboursés par l’assurance-maladie. Il apparaît ainsi que la consommation d’anti-dépresseurs reste élevée auprès de ce public.

Mortalité en maison de repos

À Bruxelles la surmortalité était plus élevée qu’en Wallonie (39% vs 31% de surmortalité). Autant les résidents dépendants que les résidents non-dépendants en maison de repos ont fait face à des taux de mortalité élevés pendant les deux vagues de la pandémie en 2020 et la surmortalité est presque la même pour ces deux groupes en 2020. Les taux de mortalité des résidents dépendants étaient plus élevés par rapport aux résidents non-dépendants en 2020 (3,6% vs. 0,9%) comme en 2019 (2,6% vs. 0,6%).

Profil des nouveaux résidents 

En 2020 le nombre de personnes qui entrent en maison de repos a fortement diminué en comparaison avec 2019 : pendant la période février-décembre 2020, on observe entre 29% (Wallonie) et 33% (Bruxelles) en moins de nouveaux entrants en maison de repos par rapport à la même période en 2019. La diminution s’observe plus chez les personnes non-dépendantes que chez les personnes dépendantes. Le profil des nouveaux résidents a conséquemment alors changé entre 2019 et 2020 : la part des dépendants parmi les nouveaux entrants a augmenté. Vers la fin de 2020 on observe un petit rattrapage pour les entrées des personnes dépendantes en Wallonie mais les nombres restent nettement inférieurs à ceux de 2019.

Le nombre de résidents en maison de repos à Bruxelles et en Wallonie a, quant à lui, significativement diminué entre 2019 et 2020 (-6,5%) alors que leur nombre augmentait d’année en année. Cette baisse s’explique certainement par les entrées en maison de repos qui se sont réduites suite  aux lourds effets de la crise sanitaire au sein des maisons de repos (nombreuses infections au coronavirus et nombreux décès enregistrés en maison de repos suite à la pandémie) qui ont peut-être induit une réticence à rentrer en maisons de repos.

Consommation de médicaments

L’analyse montre que la polymédication est toujours bien ancrée en maison de repos, même si on remarque tout de même une baisse du nombre médian et moyen de médicaments utilisés parmi les résidents en maison de repos. Cette diminution pourrait faire suite à des mesures d’économies sur les médicaments en maisons de repos, prises dans le cadre du budget des Soins de Santé fédéral 2013, visant d’une part à réduire le ‘volume’ prescrit (via sensibilisation sur la polymédication, feedback sur le profil de prescription, etc.) et d’autre part l’introduction d’un nouveau système de tarification à l’unité en 2015.

Il ressort enfin de cette étude que la proportion d’utilisateurs d’antidépresseurs et d’antipsychotiques n’a pas évolué significativement entre 2013 et 2020. La pandémie de COVID-19 n’a pas accentué cette problématique connue depuis bien longtemps. On ne peut donc pas dire que la proportion d’utilisateurs de ces médicaments a augmenté significativement entre 2013/2019 et 2020 et que la pandémie a aggravé ce problème.