Réduire le nombre de malades de longue durée : une bataille sur plusieurs fronts

La Belgique connaît une augmentation structurelle du nombre de malades de longue durée. Selon les prévisions à long terme des Mutualités Libres (dont fait partie Partenamut), la courbe continuera à progresser pour atteindre près de 600.000 malades de longue durée, avant de diminuer légèrement à partir de 2035. À l'approche des élections de 2024, les Mutualités Libres plaident pour une révision approfondie des politiques actuelles et invitent à mettre davantage l'accent sur le long terme et sur la collaboration entre les différents domaines d'action. Ce 23 novembre, elles réunissent les acteurs clés du secteur lors du symposium "Incapacité de travail : la durabilité du système en question".

Thématiques
Incapacité de travail
Date
symposium incapacite travail 2023

Incapacité de travail de longue durée : des chiffres plus hauts qu’aujourd’hui pour 20 ans

Depuis le début du siècle, le nombre de personnes en incapacité de travail a augmenté de façon structurelle. L'augmentation de l'invalidité (incapacité de travail de plus d'un an) est particulièrement préoccupante. La courbe ci-dessous est une projection, à politiques inchangées, établie par les Mutualités Libres (sur base des taux de croissance définis par le Comité d'Étude sur le vieillissement dans le cadre de la préparation de son rapport 2022). 

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Invalidité consolidée

Les calculs montrent que dans moins de 10 ans, nous pourrions nous diriger vers un pic de près de 600.000 malades de longue durée, et ce en plus des incapacités primaires (de moins d'un an). En outre, dans les 20 prochaines années, le nombre de personnes en invalidité serait plus élevé qu'aujourd'hui. Les Mutualités Libres appellent à l'action dans 3 domaines :

  • Améliorer la prévention, notamment en encourageant et en aidant les employeurs à mettre en œuvre des mesures de prévention de la santé sur le lieu de travail. La poursuite du développement de réseaux d’employeurs peut ici jouer un rôle important.
  • Améliorer l’accompagnement, notamment en simplifiant, en modernisant et en digitalisant davantage le système de gestion. Un système plus clair donne aux malades de longue durée plus de possibilités pour prendre en main leur situation et permet aux décideurs politiques de s’attaquer pertinemment aux problèmes. Dans un contexte de pénurie des médecins-conseils (et autre personnel de la santé), il est également important de déployer les ressources où elles ont le plus d’impact : notamment durant les premiers 24 mois de la maladie, tant que la condition médicale le permet.
  • Viser un retour plus rapide au travail en privilégiant les incitants positifs au retour sur le marché du travail (y compris la différence entre les indemnités et les revenus professionnels) et en favorisant les systèmes hybrides, comme la reprise du travail à temps partiel pendant une période d'incapacité. L’augmentation attendue du nombre de personnes atteintes de maladies chroniques contribuera également à devoir davantage combiner travail et maladie dans l’avenir. Un pourcentage supplémentaire d'invalidité de 33 %, en complément au pourcentage actuel de 66 % de perte de capacité de gain pour être reconnu comme invalide, mérite par exemple d'être étudié.

Xavier Brenez, directeur général des Mutualités Libres : "Il est absolument nécessaire de réduire les courbes. La pression exercée sur notre sécurité sociale risque de devenir insoutenable, ne serait-ce déjà qu’en raison du vieillissement de la population active. La seule bonne nouvelle, c’est que nous avons encore une chance de nous préparer d’une façon ou d’une autre. Mais il nous faudra élaborer une politique ambitieuse et scientifiquement fondée sur une longue période de 10 ans, en réunissant tout le monde autour de la table."

Christopher Prinz, senior policy analyst à l'OCDE, est aussi d'avis qu'une réforme en profondeur du système belge est imminente : "De nombreux pays de l'OCDE ont récemment entrepris une telle réforme. La Belgique n’est pour sa part qu'au début de ce processus de réforme car les problèmes sont apparus bien plus tard. L'avantage de cette position est que vous pouvez apprendre des autres pays. Nous savons qu'une intervention précoce est cruciale. Les mutualités belges jouent un rôle important à cet égard, car elles sont tant chargées de la cogestion du système d'incapacité de travail que du système de soins de santé."

Le symposium "L'incapacité de travail : la durabilité du système en question" veut contribuer à cette vaste concertation et réunit des experts nationaux et internationaux :

  • Frank Vandenbroucke, Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique
  • Clara Arbesu, Directrice générale du Service des Indemnités, INAMI
  • Xavier Brenez, Directeur général des Mutualités Libres
  • Prof. Em. Walter Sermeus, KU Leuven
  • Dr. Philippe Marneth, Médecin-Directeur aux Mutualités Libres
  • Dr. Sophie Habets, Médecin Généraliste et membre de la Cellule Santé et Bien-Être au Travail à la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG)
  • Dr. André Kruse, Directeur Médical, Securex
  • Christopher Prinz, Senior policy analyst, OCDE
  • Prof. Pierre Koning, Vrije Universiteit Amsterdam
  • Mathieu Louiset, Responsable des services d’amélioration (PAQS asbl)
  • Charlotte Leclère, Cheffe de programme santé mentale et travail au SPF Sécurité sociale
  • Frédéric Conti, psychologue du travail, membre du réseau “Souffrance et Travail”
  • Bep Trogh, Psychologue clinicienne et gérante de The Human Link
  • Michaël De Gols, Directeur de l’Union des entreprises à profit social (Unisoc) 
  • Luk Bruyneel et Sébastien Alexandre, Experts aux Mutualités Libres

Consultez le programme complet.

Pour plus d’informations, veuillez contacter : 
Marianne Hiernaux, porte-parole et responsable communication
+32 492 91 24 13
Marianne.Hiernaux@mloz.be