29/10/2021

Communiqué intermutualiste du 29 octobre - Il n'y a pas de séparation idéale des compétences. « Dans le débat sur la réforme de l'Etat, la vision de l'avenir des soins de santé doit primer », ont déclaré aujourd'hui les mutualités belges lors d'une audition devant le parlement fédéral. « Il ne faut pas commettre la même erreur qu'avec la sixième réforme de l'État, qui a finalement atteint le contraire de ce qui était visé », explique Luc Van Gorp, président du Collège intermutualiste national.

Une bonne qualité de vie pour tous. Cela devrait toujours être le point de départ de la politique que nous menons. Cela signifie que nous devons partir d'une définition large de la santé qui se traduit par une vision largement soutenue des soins de santé de demain. C’est important d’évaluer comment le cadre institutionnel facilite cette vision, la soutient ou l'entrave aujourd'hui. « Mais dans cet ordre », souligne Luc Van Gorp. « La réforme de l'Etat n'est qu'un moyen, ce n'est pas une fin en soi. Au sein de la commission parlementaire chargée de l'évaluation des réformes de l'Etat, les organismes assureurs belges ont présenté cet après-midi une position commune. »

Toute réforme d’Etat devrait être évaluée en fonction de la plus-value par rapport aux attentes des personnes. S’assurer pour chacun et chacune de l’accessibilité à des soins de santé de qualité quand les problèmes de santé surviennent. Tendre vers une amélioration de la qualité de vie malgré la maladie. Et s’assurer de la participation des personnes, en considérant le citoyen comme co-acteur responsable de sa santé, informé et sensibilisé.

Les mutualités proposent un certain nombre de scénarios, mais n'expriment consciemment pas de préférence pour l'un ou l'autre. « Parce que le scénario n'est que de second ordre, explique Luc Van Gorp. La vision d'avenir de laquelle nous partons est bien plus importante. Lors de la précédente réforme de l'État, on s'était beaucoup trop peu intéressé à cela et nous en voyons maintenant le résultat. Dix ans plus tard, la sixième réforme de l'État n’est toujours pas achevée. Des dizaines de millions d'euros y ont été investis. Sur le terrain, c'était et c'est encore une prouesse de concrétiser le transfert des compétences et en même temps de garantir la continuité des soins. Et au lieu d'un
ensemble homogène de compétences, nous constatons surtout plus de complexité. »

Les mutualités ont défini 5 principes pour tester les scénarios possibles d'une nouvelle réforme de l'État :

  1. Nous partons d'une définition de la santé. En fait, il n'y a pas huit ministres de la Santé, mais tous les ministres prennent chaque jour des décisions qui ont un impact sur notre santé. Il suffit de penser aux dépenses de santé qui résultent d'une mauvaise alimentation, de la qualité de l'air, des mauvaises conditions de vie. La politique doit être guidée par des objectifs de (soins de) santé.
  2. La solidarité interpersonnelle doit être la plus grande possible. Chaque habitant de la Belgique doit pouvoir compter sur des soins égaux.
  3. Les soins doivent être proches des gens.
  4. La société civile joue un rôle crucial dans la cogestion des soins de santé.
  5. Les différences de normes, de directives réglementaires ou de remboursements ne doivent pas créer une concurrence déloyale entre les acteurs de la santé travaillant dans différentes régions.

Les mutualités soulignent également que le modèle idéal n'existe pas. Dans n'importe quel scénario - que vous optiez pour un transfert profond de compétences vers les régions ou vers le niveau fédéral ; ou plutôt fassiez appel à un remaniement partiel des compétences ; ou donniez la priorité
aux réformes prévues des soins de santé et ne permettiez pas que ce processus soit contrecarré par un nouveau transfert de compétences - la consultation et la coopération resteront toujours nécessaires.

"Chaque scénario nécessite une analyse approfondie et une révision de notre vision de la politique (et des soins) de santé et de la valeur ajoutée pour les personnes», poursuit Luc Van Gorp. « La question-clé est de savoir dans quelle mesure le cadre institutionnel actuel fait obstacle à une
approche globale qui n'est pas centrée sur l'offre, mais sur les besoins des personnes, au-delà des lignes et des silos : coordination des différentes disciplines et travail interdisciplinaire pour une approche globale intégrée, le cas échéant."