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Plus facile de se faire soigner à l’étranger ? Oui mais…

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23-10-2013

Acheter des médicaments en Roumanie avec une prescription belge ? Consulter un cardiologue en Allemagne ?  A partir du 25 octobre, une directive européenne fixant de nouvelles règles en matière de soins de santé transfrontaliers entrera en vigueur. Sonne-t-elle le glas des frontières pour le patient européen ? Non, préviennent les Mutualités Libres, qui encouragent  les patients belges à bien s’informer auprès de leur mutualité avant d’aller se faire soigner à l’étranger.

La directive européenne sur les soins transfrontaliers fixe des règles concrètes pour le patient mobile européen qui souhaite se faire soigner dans un autre Etat membre de l’UE.  La grande nouveauté est que les Belges pourront désormais acheter des médicaments dans une pharmacie d’un autre Etat membre avec une prescription belge.
La directive ne s’applique  pas seulement aux hôpitaux publics, mais aussi aux hôpitaux et médecins privés. Les nombreux touristes européens qui auront besoin de soins médicaux urgents durant leurs vacances en Europe du sud ne doivent donc plus craindre de se voir facturer des tarifs exorbitants dans certains hôpitaux privés. Ils devraient bénéficier désormais des mêmes tarifs que la population locale.
Par ailleurs, le patient belge n’a pas besoin de l’accord du médecin-conseil de sa mutualité pour consulter un prestataire de soins dans un autre Etat membre (en soins ambulatoires). Il a droit à un remboursement de ses frais médicaux selon les tarifs et la nomenclature belges. Pour les hospitalisations et les soins ambulatoires onéreux ou nécessitant des appareils de haute technologie, un accord écrit de la mutualité belge est toutefois toujours nécessaire.

Eviter les mauvaises surprises

Cette directive entraîne-t-elle une liberté totale pour les patients européens ? « Certainement pas !, avertit Christian Horemans, Expert Affaires internationales à l’Union Nationale des Mutualités Libres. Les règles sont complexes et le patient doit se méfier des mauvaises surprises. Un nouveau traitement disponible en Allemagne, mais pas en Belgique ne sera, par exemple, pas remboursé par la mutualité belge. Pour certaines prestations de santé, l’assurance maladie belge impose en outre des conditions de remboursement supplémentaires et un remboursement ne sera donc pas toujours garanti. Dans la plupart des cas, le patient doit toujours avancer les frais médicaux et les suppléments d’honoraires ne seront jamais remboursés. Un bon conseil donc : demandez d’abord conseil à votre mutualité pour éviter les mauvaises surprises ! »

La porte ouverte au tourisme médical ?

Les Belges vont-ils à présent se rendre en masse à l’étranger pour bénéficier de soins médicaux ? Pour Christian Horemans, la probabilité est faible : « Les Mutualités Libres représentent plus de 2 millions de membres et nous  comptabilisons chaque année environ 9.000 dossiers d’assurés se déplaçant à l’étranger pour des soins médicaux programmés ou l’achat de médicaments. Il faudra analyser la situation avec le recul nécessaire, mais nous n’attendons pas d’explosion du nombre de dossiers », déclare-t-il.

La Belgique est un pays qui attire beaucoup les patients étrangers. Chaque année, plus de 7.000 Français se rendent dans la région frontalière franco-belge pour des traitements médicaux et de nombreux patients néerlandais se font soigner dans des hôpitaux flamands. Après le 25 octobre, l’Observatoire pour la mobilité des patients suivra donc d’un œil critique l’afflux des patients étrangers venant se faire soigner dans notre pays. Si cet afflux engendre des conséquences négatives pour les patients belges (files d’attente par exemple), les autorités belges pourront alors prendre des mesures.

Plus d’infos !

Christian Horemans
Expert Affaires internationales à l’Union Nationale des Mutualités Libres :

- GSM :  0473/88.17.49
- e-mail : christian.horemans@mloz.be

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