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Les épileptiques prennent 12 médicaments différents par an

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09-02-2017

Antidépresseurs, antihypertenseurs, antidouleurs… Les patients épileptiques consomment 12 médicaments différents par an en moyenne pour traiter entre autres les nombreuses maladies chroniques dont ils souffrent. Mais l’épilepsie a d’autres conséquences : près d’1 épileptique sur 3 est en incapacité de travail pendant un an au moins et est hospitalisé pendant 40 jours en moyenne. À  l’approche de la Journée internationale de l’Epilepsie (13 février), les Mutualités Libres publient l’étude la plus complète à ce jour sur l’épilepsie en Belgique.

Connue surtout pour les convulsions soudaines et spectaculaires qu’elle provoque, l’épilepsie reste encore largement méconnue. Pourtant, c’est un des troubles neurologiques les plus fréquents :  1 Belge sur 100 est épileptique et le nombre de patients a augmenté de 21% en 5 ans seulement (entre 2010 et 2014)*.

Pour mieux comprendre le vécu des patients épileptiques et évaluer les dépenses de santé que la maladie représente pour eux et l’assurance maladie, les Mutualités Libres ont passé au crible les données de santé des patients épileptiques.

Polymédication impressionnante

Une des grosses surprises de l’étude concerne l’impressionnante consommation en médicaments des patients épileptiques. Ils prennent en effet 12 médicaments différents par an en moyenne, soit  2 fois plus que la population générale. Quels médicaments ? Des antiépileptiques bien sûr, mais aussi des antibiotiques (56%), des antidouleurs (48%), des antihypertenseurs (47%), des antidépresseurs (44%), etc. Pourquoi tant de médicaments ? Parce que la majorité des patients sont atteints d’au moins 2 autres maladies chroniques que l’épilepsie : 4 épileptiques sur 10 souffrent d’hypertension, 3 sur 10 de dépression, 1 sur 10 de psychose…

Pour prévenir les crises d’épilepsie, les patients prennent un médicament antiépileptique. Le plus fréquent est le valproate (Depakine©, etc.), consommé par 35% des épileptiques. Préoccupant : des femmes enceintes ou en âge de procréer continuent à consommer ce médicament alors qu’il leur est formellement contre-indiqué (risques de malformation congénitale des enfants, autisme…).

Invalidité et hospitalisations fréquentes

L’épilepsie a une autre lourde conséquence : l’incapacité de travail. Les patients sont en effet plus fréquemment concernés par des périodes d’inactivité professionnelle, près d’1 épileptique sur 3 étant en invalidité dans le courant de l’année 2014 (incapacité de travailler pendant plus d’un an).

Ils sont aussi plus fréquemment hospitalisés : 1 patient épileptique sur 3 séjourne à l’hôpital pendant 40 jours en moyenne alors que dans la population totale, 1 Belge sur 10 est hospitalisé pendant une durée moyenne de 13 jours. Par ailleurs, les crises d’épilepsie conduisent très souvent les patients aux urgences : 1 épileptique sur 3 s’y fait soigner, soit deux fois plus couramment que la population générale.

Enfin, en termes de coûts, les chiffres sont impressionnants aussi puisque les dépenses en soins de santé remboursées d’un patient épileptique avoisinent les 10.000 euros (moyenne). Les frais à la charge du patient sont heureusement beaucoup plus faibles : 500 euros/an en moyenne (tickets modérateurs).

Sensibiliser aux risques de la polymédication

Pour les Mutualités Libres, l’importante polymédication des patients épileptiques est préoccupante. Les collaborations entre médecins généralistes et spécialistes doivent être encouragées afin de réexaminer périodiquement les traitements et prévenir les effets indésirables d’une polymédication. Concernant le valproate, dont les risques de santé sont connus pour les femmes enceintes et en âge de procréer, il faut poursuivre les campagnes de sensibilisation de la population et des professionnels de la santé.  Enfin, il est indispensable de continuer à sensibiliser les personnes épileptiques à l’importance de la compliance au traitement (suivre parfaitement les recommandations médicales) et à les informer sur la maladie, ses conséquences et les dangers de la polymédication.

*L’épilepsie en Belgique. Prévalence, dépenses, mortalité, comorbidités. Analyse longitudinale (2010-2014), réalisée sur la population des Mutualités Libres (2 millions de personnes).

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L’épilepsie en Belgique : Prévalence - Dépenses - Mortalité - Comorbidités

L’épilepsie est une maladie neurologique du cerveau dont le caractère chronique se caractérise par des crises récurrentes apparaissant par de brefs épisodes de tremblements involontaires qui peuvent être spectaculaires. Environ 50 millions de personnes de tous les groupes d’âge vivraient dans le monde avec cette maladie, dont 80% dans les pays à faible revenu (OMS, 2016).

Plus d’infos ?

 Güngör Karakaya, service Représentation et Etudes des Mutualités Libres, T : 0476 86 20 67, gungor.karakaya@mloz.be

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