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« J’ai 7 ans et j’ai déjà une carie… au moins »

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15-05-2017

A 4 ans, 4 petits Belges sur 10 n’ont jamais vu le dentiste. Normal ? Non, parce que la première visite chez ce dernier devrait s’effectuer dès l’âge de 2 ans. Conséquence de cette négligence : quand ils ont 7 ans, faute d’avoir pu être pris en charge précocement, 4 enfants sur 10 se sont déjà fait soigner pour une carie… au moins!

Quel est l’état de santé dentaire des petits Belges ? Vont-ils régulièrement chez le dentiste ? La gratuité des soins dentaires pour les enfants a-t-elle augmenté l’accès aux soins ? Les Mutualités Libres ont décortiqué les consultations dentaires de leurs 470.000 jeunes assurés (0-18 ans) dans le cadre de la troisième édition du KidOscope*, le baromètre de la santé des enfants. Découvrez ci-dessous pourquoi  le bulletin belge en matière de soins dentaires des enfants est franchement… insatisfaisant !

42%

Quatre enfants sur dix n’ont jamais vu un dentiste à l’âge de 4 ans. Pourtant, l’ONE conseille une première visite dès l’âge de 2 ans afin de pouvoir détecter précocement d’éventuelles affections des dents et récapituler les mesures préventives à prendre dès le plus jeune âge. Une mauvaise santé bucco-dentaire peut en effet générer des troubles graves et parfois traumatisants pour les petits: problèmes de mastication, d’élocution, mauvaise image de soi, etc… 

38%

A l’âge de 7 ans, près de 4 enfants sur 10 ont déjà été soignés pour une carie au moins. Dans les familles précarisées (BIM, bénéficiaires de l’intervention majorée), les enfants traités pour carie(s) sont près de deux fois plus nombreux : 62% contre 35% chez les non BIM. Preuve que l’état de santé dentaire s’aggrave avec la fragilité sociale.

54%

Seul 1 enfant sur 2 a consulté le dentiste (54%) en 2015, alors qu’une visite annuelle est le minimum recommandé. Dans les familles à faibles revenus (BIM), c’est encore pire puisque 44% seulement des enfants ont vu un dentiste. Des résultats « franchement mauvais »,  juge  le KCE (Centre fédéral d’expertise), opinion partagée par les Mutualités Libres. Car le taux de fréquentation du dentiste reste encore trop bas malgré les mesures prises par les pouvoirs publics afin d’éliminer les barrières financières (les soins dentaires sont intégralement remboursés jusqu’à 18 ans, à l’exception de l’orthodontie). A titre de comparaison, aux Pays-Bas, 9 enfants sur 10 ont eu une consultation chez le dentiste !

Entre 1.375 € et 2.000 €

Les traitements orthodontiques sont en vogue et pas seulement parce qu’ils permettent à nos ados d’afficher un sourire de star. La plupart du temps, ces soins servent à aligner des dents mal positionnées qui peuvent occasionner des pathologies de la gencive et des caries. Plus d’un ado sur deux (55%) a entamé ou terminé un traitement orthodontique au cours des 5 dernières années. Et les parents le savent : la note à payer pour ces soins est très salée ! Les Mutualités Libres ont calculé qu’une famille belge débourse en moyenne 1.375 euros par enfant traité. Une fois sur quatre, les dépenses s’élèvent même à plus de 2.000 euros, totalement à charge des parents. Contrairement aux soins préventifs et conservateurs pour les enfants, l’assurance maladie rembourse en effet très mal les dépenses d’orthodontie : 375 euros seulement (moyenne).  

Le dentiste, un « ami » qui nous veut du bien

Ces dernières années, même si globalement la santé dentaire des Belges s’est améliorée avec une baisse notable du nombre de caries, force est de constater qu’un enfant sur deux n’a toujours pas de contact régulier avec le dentiste. Les efforts de sensibilisation doivent donc être poursuivis afin de conscientiser les parents à l’importance de cette visite annuelle. Les pédiatres et les généralistes ont un rôle important à jouer en encourageant les parents à conduire leur enfant chez le dentiste dès l’âge de 2 ans.

Plus préoccupant : malgré l’élimination des obstacles financiers, les enfants de familles à faibles revenus sont encore moins nombreux à voir régulièrement le dentiste (44% ). Le statut social perpétue donc les inégalités de santé, sachant que des affections dentaires non détectées à temps nécessiteront des traitements ultérieurs lourds et coûteux. Là aussi, les efforts d’information doivent redoubler d’intensité pour rappeler aux parents les conséquences d’une mauvaise santé bucco-dentaire (pour eux aussi) et faire de la prévention une habitude dès le plus jeune âge. C’est pour cette raison par ailleurs que le brossage des dents doit commencer dès l’apparition de la première dent, vers 6 mois, deux fois par jour comme papa et maman ! Et se faire sous la surveillance des parents pendant la croissance de l’enfant.

Si la peur du dentiste reste réelle chez  de nombreux enfants (et adultes), rappelons  que le dentiste est un « ami » qui nous veut du bien (si si), alors pensons à prendre rendez-vous prochainement pour le petit dernier…  et pour nous !

*Analyse de la consommation de soins dentaires des affiliés des Mutualités Libres de 0 à 18 ans (2011-2015).

Plus d’infos ?

Dominique De Temmerman, Expert Matières médicales aux Mutualités Libres : dominique.detemmerman@mloz.be

- Découvrez les résultats complets du KidOscope et notre film sur la consultation chez le dentiste pour les tout-petits.

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