10/04/2018

Antibiotiques, antidouleurs, antiallergiques…  56% des jeunes Belges consomment au moins un médicament par an. Un chiffre qui ne recouvre que les médicaments prescrits et remboursés, ce qui laisse présager que le nombre réel d'adolescents sous médication est bien plus important encore. 

Trop d'anti-inflammatoires

  • Sans surprise, les antibiotiques sont les médicaments les plus consommés par les jeunes Belges : 30% des adolescents ont pris des antibiotiques en 2016 pendant 23 jours en moyenne. 
  • Autres médicaments très (trop) consommés par les jeunes : les antidouleurs de type AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l'ibuprofène). Près d'un adolescent sur cinq (19%) s'est vu rembourser au moins un AINS sur prescription en 2016. Indiqués dans certaines douleurs aiguës, ces médicaments sont aussi recommandés dans le traitement des maladies chroniques et inflammatoires comme les rhumatismes. Ils sont bien connus pour leurs effets secondaires nombreux, fréquents  et parfois dangereux. 
  • Enfin, en troisième position des médicaments les plus utilisés par les jeunes, on trouve le groupe des  antiallergiques (utilisés par 9,6% des ados) et des antiasthmatiques (7,3%). L'usage de ces médicaments est plutôt stable, mais reste élevé. 

Banalisation du recours au médicament

L'analyse des Mutualités Libres confirme la tendance très contemporaine à médicaliser les difficultés de l'existence, particulièrement aiguës pendant l'adolescence (mal-être, faible estime de soi, anxiété…), et la faible tolérance face aux douleurs du quotidien (maux de tête, courbatures…). Les efforts doivent être multipliés pour sensibiliser les adolescents et leurs parents aux effets indésirables des médicaments, particulièrement ceux des anti-inflammatoires. 

Privilégier les moyens non-médicamenteux 

Si les douleurs sont répétitives, il vaut mieux éviter de pratiquer l'automédication et consulter un médecin. Un symptôme prolongé ou sévère doit en effet toujours faire l'objet d'un diagnostic par un professionnel. Le pharmacien qui délivre un traitement à un adolescent a aussi la responsabilité d’en expliquer le bon usage et de souligner son éventuelle dangerosité. Enfin, face aux conséquences des difficultés de l'adolescence (anxiété, stress, maux de tête), on ne peut qu'encourager à prendre davantage en considération les moyens non-médicamenteux ou les modifications du mode de vie avant de passer au traitement médicamenteux

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