28/06/2018

Anneau gastrique, sleeve, bypass… Les interventions chirurgicales pratiquées en cas d’obésité ont explosé. Parmi les affiliés des Mutualités Libres, le nombre d’opérations remboursées par l'assurance maladie a augmenté de 82 % en 6 ans. Parallèlement, les suppléments facturés aux patients accusent une hausse très significative : +53 %. 

Bruxelles, le 28 juin 2018. Un Belge sur deux de plus de 15 ans est en surpoids et près d’un sur cinq (18,6 %) est considéré comme "obèse"*. D’après les projections de l’OCDE, ces chiffres pourraient doubler d’ici 2030. 

L'obésité entraîne d'importantes répercussions sur la santé. Dans la dernière étude des Mutualités Libres**, il apparaît que les patients obèses ont tendance à "additionner" les maladies chroniques : 31 % souffrent d'hypertension, 18 % de dépression et 13 % de diabète. Autant de raisons de vouloir maigrir durablement ! 

Les femmes majoritaires

De plus en plus de Belges choisissent de recourir à la chirurgie : entre 2010 et 2016, les interventions chirurgicales ont augmenté de 82 %. Surtout chez les femmes, qui sont les plus enclines à se faire opérer: 7 opérations de l'obésité sur 10 concernent des femmes. Ces dernières ont aussi tendance à se faire opérer plus tôt (40 ans) que les messieurs (44 ans). 

Actuellement, la dérivation gastrique ou "bypass" (57 %) et la "sleeve" (40 %) dominent les pratiques opératoires, avec de fortes disparités régionales (les Flamands préfèrent le bypass, les Wallons la sleeve). Quant à la pose d’un anneau gastrique, la pratique s'est fortement marginalisée  (3 % des opérations). 

Plus de 4.000 euros en chambre individuelle

Se faire opérer coûte cher. Un patient qui opte pour une chambre individuelle paiera en moyenne 4.066 euros de sa poche, suppléments d’hospitalisation compris (honoraires et chambre). En chambre double ou commune, son séjour lui coûtera presque quatre fois moins cher, avec une moyenne de 1.181 euros. Ce montant s’explique par les coûts élevés (à charge du patient) des implants et du matériel utilisé. Les Mutualités Libres observent parallèlement une hausse très significative des suppléments facturés entre 2010 et 2016, et ce pour tous les types d’opérations (+61 % pour le bypass, +60 % la sleeve et +29 % pour l’anneau gastrique). 

Prévention et accessibilité

Pour les Mutualités Libres, il est important d’investir dans des politiques de santé axées d’abord sur la prévention afin que les patients ne soient pas contraints de recourir à la chirurgie. Les informations sur les risques, les complications, les conséquences à vie et les coûts postopératoires des opérations de l’obésité doivent être transparentes et accessibles à tous. Des efforts d’information particuliers doivent être consentis pour sensibiliser les personnes appartenant à des groupes spécifiques de la population.

Enfin, la chirurgie de l’obésité doit rester financièrement accessible pour tous les Belges. L’étude montre en effet que parmi les personnes qui subissent une intervention, seuls 5 % proviennent de milieux défavorisés. Or, la prévalence de l'obésité est plus importante dans cette population. On peut supposer que les coûts élevés d'une opération représentent un des freins. Malgré des remboursements plus importants de leur mutuelle, les patients défavorisés devront en effet débourser jusqu'à 1.000 euros pour une intervention chirurgicale, sans compter les frais pré ou postopératoires. C’est pourquoi les Mutualités Libres plaident pour un trajet de soins pré et postopératoire plus étendu et surtout financièrement accessible.

* "L’obésité dans le monde" (Rapport OCDE 2017 – données relatives à l’année 2015). On parle d'obésité lorsque l'indice de masse corporelle (IMC) de la personne dépasse 30. Cet indice s’obtient en divisant le poids (en kilos) par la taille (en mètres) au carré.
** "La chirurgie bariatrique en Belgique", étude portant sur 2.591 interventions parmi les Mutualités Libres (2010-2016)

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