15,4 % des jeunes Belges âgés de 15 à 24 ans fument. Tel est le constat de l’Enquête de Santé publiée l’année dernière par Sciensano. Selon la même enquête, en moyenne, le Belge a fumé sa première cigarette vers l'âge de 16 ans. C'est trop tôt, beaucoup trop tôt. À l'adolescence, le cerveau est encore en plein développement et donc plus vulnérable aux dépendances. Et personne n’ignore que la cigarette provoque une dépendance.

La vulnérabilité des jeunes face à la dépendance est l'une des raisons pour lesquelles l’industrie du tabac s'intéresse à ce groupe cible depuis bien des années. La stratégie ? Remplacer les millions de personnes qui meurent chaque année dans le monde de maladies liées au tabac, par de nouveaux jeunes consommateurs. De plus en plus de gouvernements limitent les canaux possibles pour la publicité traditionnelle. En Belgique aussi, plusieurs propositions de loi ont récemment été approuvées afin de limiter fortement la promotion du tabac et des produits dérivés. Par exemple, les paquets neutres sont obligatoires depuis le début de l’année et toute publicité sera interdite dès l'année prochaine. Nous ne pouvons que nous en réjouir ! Néanmoins, force est de constater que l'industrie du tabac s'adapte et rebondit rapidement. Contrairement au législateur, qui est plutôt lent et plus réactif que proactif.

Mieux protéger les jeunes

La Journée mondiale sans tabac se focalise cette année sur la protection de notre jeunesse face aux manipulations orchestrées par l'industrie du tabac. Plusieurs enquêtes journalistiques ont déjà révélé les tactiques modernes du Big Tobacco. Des influenceurs et personnalités populaires parmi les jeunes sont approchés afin de faire une publicité subtile des produits sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, le placement de produits dans les films et séries à succès est encore d’actualité. Les tentatives de remédier à cette situation aboutissent souvent à des discussions interminables sur la tension entre liberté artistique et responsabilité générale.

Développer une réglementation anti-tabac pour le web

Il appartient dès lors à nos autorités compétentes de fournir un contrepoids. Maintenant que de grands progrès ont été réalisés à court terme dans la réglementation de la publicité pour le tabac, nous devons immédiatement poursuivre sur cette lancée. ll faut désormais passer de la lutte contre les canaux publicitaires traditionnels à la réglementation du nouvel espace digital, où l'influence sur les jeunes est maximale. Ce contexte digital doit faire l'objet d'une attention prioritaire afin de ne pas perdre le terrain gagné. En outre, en combinaison avec ces actions, notre système d’enseignement, les différentes associations de jeunes, les établissements de loisirs, etc. doivent également prendre le train en marche. C'est pourquoi nous demandons aux responsables politiques de s’engager et prions les influenceurs de prendre au sérieux leur rôle de modèle pour les jeunes : ne plus répondre aux sirènes de l’industrie mais participer à une contre-offensive pour gagner la bataille contre le tabac.

Maarten Peeters,
Expert Matières Régionales – Flandre aux Mutualités Libres