"La politique fragmentée a coûté des vies" titre un article du journal Het Laatste Nieuws. Cette phrase concerne les soins de santé actuels et a été prononcée par Xavier Brenez, directeur général des Mutualités Libres. Nous souhaitons en effet qu'une évaluation approfondie des conséquences des précédentes réformes de l'État soit faite afin de fixer des objectifs clairs pour notre politique de santé.

"L'inefficacité des soins de santé a coûté des vies humaines ces dernières semaines. L'accord papillon de 2011, qui a transféré des parties du système de santé et un important budget du niveau fédéral vers le niveau régional, a miné le secteur des soins de santé. Cet accord ne contient d’ailleurs aucun objectif explicite pour le secteur des soins de santé. En transférant d'importantes matières de santé aux entités fédérées, la sixième réforme de l’État a rendu le paysage institutionnel des soins de santé beaucoup plus complexe. Concrètement, pour les mutualités, cela signifie que la politique de santé n'a plus été poursuivie depuis des années et que les risques initialement identifiés se sont effectivement concrétisés : directives incohérentes, incertitude sur la portée des responsabilités, intermédiaires multiples, manque de collaboration ou même concurrence pure et simple entre les niveaux de pouvoir... En fait, nous devons constamment consulter toute les entités fédérées et le niveau fédéral.

"Notre paysage institutionnel constitue un obstacle à une politique de santé cohérente, efficace et intégrée. Et lorsque les coalitions sont différentes aux niveaux fédéral et régionaux, les choses deviennent encore plus compliquées. C'est pourquoi les Mutualités Libres plaident pour une évaluation approfondie des conséquences des précédentes réformes de l'État. Pour nous, il est important que les soins soient organisés autour du patient. Et afin de pouvoir le faire correctement, nous devons déterminer les objectifs à atteindre au moyen de notre politique de santé. Ce n’est qu’ensuite que nous devons déterminer comment procéder. Nous pourrons ainsi mieux gérer la fragmentation des compétences dans les domaines clés et développer des structures de concertation capables de relever les nombreux défis".

Xavier Brenez